Des experts de l'ONU dénoncent des exactions contre des réfugiés burundais

Par AFP

AFRICA RADIO

Les autorités du Burundi et de Tanzanie doivent respecter les droits des réfugiés burundais, qui font état d'enlèvements, de torture et de retours forcés, ont exigé mardi des experts des droits de l'Homme mandatés par l'ONU.

Les membres du groupe de travail sur les disparitions volontaires, le rapporteur spécial sur la torture, celui sur les exécutions extrajudiciaires et le groupe de travail sur la détention arbitraire font écho aux informations selon lesquelles des agents burundais sont infiltrés dans les camps de réfugiés en Tanzanie pour repérer les opposants et les faire arrêter."En plus des mesures strictes de cantonnement imposées aux réfugiés du Burundi par le gouvernement de Tanzanie, ces réfugiés et demandeurs d'asile vivent dans la peur de se faire enlever au milieu de la nuit par les forces de sécurité tanzaniennes pour être emmenés vers une destination inconnue ou pour être renvoyés de force au Burundi", affirment-ils dans un communiqué."Le gouvernement du Burundi doit cesser sa répression contre ses citoyens, y compris ceux qui cherchent une protection internationale en Tanzanie", écrivent ces experts indépendants, qui sont mandatés par l'ONU mais ne parlent pas en son nom."Les informations selon lesquelles des réfugiés burundais ont été tués après leur enlèvement par des forces de sécurité tanzaniennes nous inquiètent beaucoup", soulignent-ils.Ces exactions ont poussé certains réfugiés, qui ont fui les violences dans leur propre pays, à y retourner par peur plutôt que par choix.Les experts déplorent également que le gouvernement tanzanien n'ait rendu public aucun élément d'une enquête sur ces disparitions lancée en août 2020."Le gouvernement tanzanien est au courant de la situation et doit prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre immédiatement fin à ces violations (des droits de l'Homme) et à y apporter une réponse", ont-ils ajouté.En 2015, le Burundi avait été plongé dans une crise politique meurtrière marquée par des violations massives des droits humains, déclenchée par la volonté du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé. Le général Évariste Ndayishimiye a été élu le 20 mai 2020 à la tête du pays, succédant à Pierre Nkurunziza, décédé le 9 juin.