Développement de l'est du Soudan: don de 500 millions de dollars du Koweït

Par La rédaction

KOWEIT (AFP)

Le Koweït s'est engagé mercredi à verser 500 millions de dollars pour contribuer au développement de l'est du Soudan, à l'ouverture d'une conférence des donateurs au cours de laquelle Khartoum espère réunir 4,2 milliards de dollars.

"J'ai le plaisir d'annoncer un don de 500 millions de dollars de l'Etat du Koweït pour le développement de l'est du Soudan", a annoncé le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Mohammad Al-Sabah.

Sur cette somme, 450 millions de dollars financeront des projets qui seront réalisés par le Fonds koweïtien de développement économique arabe (FKDEA), tandis que les 50 millions restants iront à des projets sociaux, a-t-il ajouté.

Pour sa part, un adjoint du président soudanais, Moussa Mohammad Ahmed, a annoncé que son gouvernement s'engageait à consacrer une enveloppe de 1,572 milliard de dollars pour des projets dans divers secteurs (éducation, santé, irrigation, électricité et eau).

L'est du Soudan, où près de la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour, est le grand oublié de l'aide internationale concentrée au Darfour et au Sud-Soudan, qui doit se prononcer le 9 janvier sur son indépendance.

Le conseiller présidentiel soudanais Mustafa Osmane Ismaïl a chiffré cette semaine à 4,2 milliards de dollars la manne nécessaire pour financer 181 projets visant à revitaliser l'économie exsangue de l'Est soudanais.

Khartoum table sur des investissements privés à hauteur de 2 milliards de dollars.

M. Ismaïl a indiqué mardi à Koweït que les projets devraient être réalisés totalement ou partiellement dans les cinq prochaines années.

Ces projets incluent la construction d'un barrage d'un coût estimé à 600 millions de dollars, trois cimenteries d'un coût total de 450 millions de dollars ainsi que des projets routiers et d'électricité pour 430 millions de dollars.

Plus de 600 représentants de 39 pays, de 28 organisations internationales et de 73 ONG participent à la conférence, qui se tient sur deux jours.

Parmi les principaux participants, figurent le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, et les secrétaires généraux de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

Le Fonds des Nations unies pour le développement économique (PNUD), la Banque mondiale et le Fonds islamique de développement y sont représentés.

L'est du Soudan, une région de cinq millions d'habitants divisée en trois Etats (Mer Rouge, Kassala et Gedaref) au territoire vaste comme l'Italie, a été la scène de 1994 à 2006 d'une guerre civile peu médiatisée opposant le "Front de l'Est", une coalition de mouvements rebelles, au pouvoir de Khartoum.

Un accord de paix, qui a mis fin à la guerre, prévoyait la création d'un fonds de développement de 600 millions de dollars.Mais ses interventions ont été limitées.

"La région a un besoin pressant d'investissements dans les infrastructures et doit préserver la paix via le développement", a expliqué à l'AFP Claudio Caldarone, directeur du PNUD pour le Soudan, en estimant que la région avait "un haut potentiel de croissance".

"L'Est est la seule région du Soudan dotée d'un accès à la mer (Rouge), elle détient la deuxième réserve mondiale de corail la mieux préservée, un nombre incalculable de ressources naturelles incluant le pétrole, le gaz naturel, l'or, le marbre et aussi des terres arables non cultivées", a-t-il détaillé.