Diamants du Zimbabwe: 4 responsables du secteur minier libérés sous caution

11 novembre 2010 à 13h35 par La rédaction

HARARE (AFP)

Quatre responsables du secteur minier au Zimbabwe, arrêtés la semaine dernière et soupçonnés d'avoir obtenu de façon frauduleuse des permis d'exploitation des mines controversées de Marange (est), ont été libérés sous caution, a indiqué jeudi un de leurs avocats.

Les quatre employés de l'entreprise d'Etat Zimbabwe Mining Development Corporation (ZMDC) "ont payé une caution de 2.000 dollars américains (...) et ont été libérés à l'exception de Dominic Mubaiwa", le directeur général, a déclaré à l'AFP Me Jonathan Samkange.

Un tribunal de Harare a refusé de libérer sous caution M. Mubaiwa, estimant qu'il était le cerveau de cette fraude présumée.

Ils doivent de nouveau comparaître jeudi 18 novembre.

La sixième personne arrêtée la semaine dernière, le directeur local de Canadile Miners (groupe zimbabwéen et sud-africain) Lovemore Kurotwi, a été remise en liberté, la police ne l'ayant pas présenté devant la justice dans un délai de quatre jours suivant son arrestation.

En 2008, l'armée zimbabwéenne avait pris le contrôle des mines de Marange et expulsé des dizaines de milliers de petits chercheurs, tuant 200 personnes, selon des défenseurs des droits de l'homme.

Le Processus de Kimberley, chargé d'éliminer du marché les diamants "sales" servant à alimenter les guerres et rébellions, avait suspendu en novembre 2009 les ventes de pierres précieuses de Marange.

Le Zimbabwe avait officiellement demandé à trois compagnies de prendre la relève des militaires pour satisfaire les exigences de Kimberley.

Selon l'accusation, l'une de ces entreprises, Canadile Miners, serait une société fantôme, créée après que le gouvernement eut été abusé et persuadé qu'une entreprise qui n'existait pas --la BSGR d'Afrique du sud-- était à même d'investir deux milliards de dollars au Zimbabwe.

ZMDC a alors passé un accord avec BSGR pour l'exploitation des mines de Marange et créé parallèlement un partenariat avec Canadile Miners.Le groupe ainsi constitué, n'ayant pas de fonds propres, a dû emprunter 1,5 million de dollars auprès d'une banque locale pour débuter ses opérations.