Droit de vote des étrangers : vers une loi en 2013 ?

Par La rédaction

C'est l'une des promesses électorales de François Hollande. Malgré des désaccords au sein même du Parti socialiste, le texte sur le droit de vote des étrangers devrait bientôt voir le jour. C'est ce qu'a affirmé le Président de la République qui renoue ainsi avec une promesse de François Mitterrand figurant parmi ses 110 propositions de 1981.«C'est une nécessité, c'est une promesse du président de la République, ce sera fait l'année prochaine», a assuré la ministre du logement, Cécile Duflot, interrogée sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales. «Maintenant, c'est une évidence pour tout le monde et une fois qu'on aura passé ce cap-là, on s'étonnera de ne pas l'avoir fait plus tôt», a-t-elle ajouté. Cécile Duflot estime qu'une telle mesure est «une revendication forte et un élément puissant d'intégration».Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a lui aussi estimé que le texte serait «probablement» voté en 2013.CacophonieMais au sein même du Parti socialiste certaines voix se font entendre pour dénoncer cette mesure. C'est le cas du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls pour qui le droit de vote des étrangers n'est pas « une revendication » de la nation, ni un « élément puissant d'intégration ».A droite la position est plus tranchée. L'ancien Premier ministre François Fillon a demandé «solennellement» au président François Hollande de renoncer à son projet.François Fillon qui brigue la présidence de l'UMP, a fait cette déclaration sous des applaudissements nourris lors d'un meeting devant plusieurs centaines de militants à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.Pour la droite, le but ultime de cette loi est la récupération du vote étrangers aux municipales de 2014. De plus elle redoute une montée du communautarisme sectoriel en France.Une loi historiqueLa constitution du 24 avril 1793, qui n'a jamais été appliquée, déclarait :« Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis, tout étranger de vingt et un ans, qui, domicilié en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'Humanité est admis à l'exercice des Droits de citoyen français. »Cependant le droit de vote des étrangers n'a pas été reconnu dans son principe depuis 1799. En votant ce texte, la France ne serait pas à l'avant-garde européenne puisque 15 pays européens ont déjà accordé le droit de vote aux étrangers. Kadiatou-cherif Diawara