Droits de l'homme en RDC: un groupe LGBT et des victimes de violences sexuelles brisent le silence

10 décembre 2020 à 17h27 par AFP

AFRICA RADIO

Des victimes de violences sexuelles et, fait plus rare en République démocratique du Congo, un groupe LGBT ont brisé le silence jeudi sur les discriminations qu'ils subissent dans ce pays, à l'occasion de la journée internationale des droits de l'Homme.

A Kinshasa, des victimes de violences sexuelles ont pris la parole après la projection d'un film co-écrit par soixante d'entre elles. Avec émotion, les victimes et les enfants issus des viols ont dénoncé "la stigmatisation" dont ils font l'objet au sein de leur communauté."A plusieurs reprises, j'ai eu envie de me suicider", a avoué une femme en fondant en larmes.Certaines sont originaires de la région meurtrie du Sud-Kivu, où le gynécologue prix Nobel de la paix 2018 Denis Mukwege a soigné des milliers de femmes victimes de violences sexuelles, le plus souvent en marge des conflits armés dans la région."Le viol nous concerne tous, parce que on ne sait pas à quel moment il va frapper notre famille. Nous sommes là pour orienter d'autres personnes qui ont vécu la même chose que nous", a déclaré Tatiana Mukanire, coordinatrice du Mouvement national des survivantes des violences sexuelles en RDC.Le directeur du bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'homme, Aziz Abdoul Thioye, a encouragé la "lutte contre l'impunité", qui s'est traduite ces dernières années par des condamnations d'auteurs de viols massifs dans le Sud-Kivu.A Bukavu, dans le Sud-Kivu justement, des personnes homosexuelles ont dénoncé la discrimination dont elles estiment être victimes.Il s'agit d'un moment assez rare dans un pays qui ne condamne certes pas l'homosexualité, mais où les homosexuels estiment être victimes de rejet."Notre communauté n'est pas acceptée ici chez nous", a affirmé Alphonse Mihingo Ombeni, président de l'Action pour la lutte contre l'injustice sociale qui défend les droits des personnes LGBT au Sud-Kivu, lors de ce débat organisé par l'Institut français."Nous n'avons pas accès à l'espace public ni le droit d'organiser des manifestations parce que nous sommes discriminés", affirme-t-il. "Nous sommes intervenus un jour à la radio RTNC (chaîne d'État, ndr), il faut voir les genres de menaces que j'ai reçues".