Ebola couvre l'ensemble du Liberia, inquiétude croissante aux Etats-Unis

Par La rédaction

Monrovia (AFP)

Le virus Ebola s'est propagé à toutes les provinces du Liberia, malgré des progrès dans la capitale, Monrovia, selon la présidente du Liberia, pays le plus touché par l'épidémie, d'où elle s'est transmise aux Etats-Unis, première contamination hors d'Afrique.

Londres accueillait par ailleurs jeudi une conférence sur la lutte contre Ebola au Sierra Leone, pays d'Afrique de l'Ouest voisin du Liberia, auquel la Grande-Bretagne a promis 125 millions de livres (160 millions d'euros), notamment pour financer 700 lits.

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a demandé au chef de la nouvelle Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER), Anthony Banbury, en visite dans le pays, un soutien pour enrayer la propagation dans les campagnes isolées.

"Les personnes touchés quittent les zones urbaines pour se cacher dans des localités reculées", lui a dit Mme Sirleaf, selon un communiqué de la présidence, soulignant que "l'ensemble des 15 provinces signalent désormais des cas".

La dernière région du pays encore épargnée, le sud-est, près de la frontière ivoirienne, avait été touchée vers la mi-août, mais quelques provinces n'avaient pas encore enregistré de contamination.

"Nous commençons à voir une stabilisation, même à Monrovia qui a été le plus lourdement touché, nous commençons à voir un ralentissement du nombre de gens se présentant dans les centres de soins", avait assuré Mme Sirleaf dans une interview mercredi.

Mais dans son dernier bilan faisant état de 3.338 morts sur 7.178 cas, dont plus de la moitié au Liberia, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) conclut à une sous-estimation généralisée des nouveaux cas dans ce pays.

Le gouvernement libérien a déploré qu'un de ses ressortissants ait apporté le virus aux Etats-Unis, la première contamination hors du continent, malgré "les mesures de dépistage draconiennes mises en place à l'aéroport international Roberts", près de Monrovia.

Ce cas démontre "la dimension internationale de la crise Ebola", a estimé le ministre de l'Information Lewis Brown, ajoutant que "l'ensemble de la communauté internationale avait intérêt à vaincre Ebola".

 

'Premier antidote, l'information'

 

"Ce n'est pas une erreur dans le processus de dépistage à l'aéroport", avait déjà souligné mercredi à Monrovia un expert des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Dr Tom Kenyon, rappelant que ce patient "n'avait pas de symptômes d'Ebola pendant le vol".

Au Texas, dans le sud des Etats-Unis, l'inquiétude grandissait quant à une contamination en raison du diagnostic tardif de ce patient libérien, arrivé le 20 septembre sans aucun symptôme et par conséquent encore non contagieux, qui a déclaré la maladie quatre jours plus tard.

Les autorités texanes recherchent toutes les personnes qui auraient pu entrer en contact avec lui.Selon les CDC, toutes les personnes exposées font l'objet d'une étroite surveillance médicale.

Parmi eux, "des enfants en âge scolaire ont été en contact avec le patient", selon le gouverneur du Texas Rick Perry.

Les autorités sanitaires s'inquiètent du fait que pendant les quatre jours (du 24 au 28 septembre) où il était contagieux sans être en quarantaine, le malade ait pu contaminer d'autres personnes. 

Le malade se trouve dans un état "grave mais stationnaire", a indiqué l'hôpital où il est soigné, reconnaissant avoir commis une erreur en le renvoyant chez lui après sa première visite aux urgences. 

Le directeur des CDC, le Dr Tom Frieden, n'a pas exclu que des membres de son entourage puissent avoir été contaminés et "développent Ebola au cours des prochaines semaines".

L'annonce de ce premier cas aux Etats-Unis a fait vaciller les actions des compagnies aériennes américaines à Wall Street mercredi.

En Guinée, où s'est déclarée en décembre l'épidémie, la plus grave de l'histoire de ce virus identifié en 1976, le président Alpha Condé a affirmé que "le premier antidote était l'information".

Lors d'un discours à l'occasion du 56e anniversaire de l'indépendance du pays, il a demandé "à toutes les structures d'Etat, aux syndicats, aux médias, aux organisations de la société civile, aux institutions religieuses et aux partis politiques de s'approprier et de transmettre davantage les messages de sensibilisation".