Ebola: l'UE augmente son aide à un milliard d'euros, premier cas à New York

Par La rédaction

New York (AFP)

L'Union européenne va porter son aide à un milliard d'euros pour combattre l'épidémie de fièvre Ebola qui a frappé New York avec un premier cas et menace de toucher deux nouveaux pays d'Afrique de l'Ouest, le Mali et la Côte d'Ivoire.

 De son côté, pour éviter tout risque de propagation du virus, la  France a décidé vendredi d'étendre ses contrôles à "tous les modes de transports".

Un médecin de New York récemment revenu de Guinée, où il travaillait avec Médecins sans Frontières (MSF) et avait soigné des malades d'Ebola, a contracté le virus, a affirmé jeudi soir le maire de la ville Bill de Blasio lors d'une conférence de presse.

Le médecin avait été hospitalisé jeudi avec une forte fièvre.Il est  le premier cas avéré d'Ebola dans la plus grande ville américaine.

Au Mali, un premier cas d'Ebola, en provenance de la Guinée voisine, a été identifié et, en Côte d'Ivoire, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé était recherché.

Le Mali a enregistré son premier cas confirmé, une fillette de 2 ans venue de Guinée voisine avec sa grand-mère, qui a été placée en quarantaine à Kayes (ouest), a annoncé jeudi soir le ministère de la Santé.Toutes les personnes ayant été en contact avec l'enfant ont été placées sous surveillance.

En Côte d'Ivoire, limitrophe de deux des pays touchés, la Guinée et la Sierra Leone, mais parvenue jusqu'à présent à échapper à la contamination, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé qui serait entré clandestinement dans le pays était activement recherché.

Liberia Face à la rapidité de la progression du virus, l'Union Européenne "va augmenter son aide financière à un milliard d'euros pour combattre Ebola", a annoncé vendredi sur Twitter le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles.

La contribution européenne s'établissait jusque-là autour de 600 millions. 

Le nouveau commissaire européen aux Affaires humanitaires, le Chypriote Christos Stylianides, va coordonner la riposte européenne.

De son côté la France a décidé de ne pas avoir "simplement des contrôles aériens mais aussi des contrôles sur tous les modes de transports même maritimes", a annoncé le président Hollande au cours d'une conférence de presse à Bruxelles."C'est ce que nous allons mettre en place", a-t-il dit, appelant à ne "tomber ni dans le catastrophisme ni dans l'inaction" face à l'épidémie. 

Jeudi, la présidente du Liberia, le pays le plus touché, Ellen Johnson Sirleaf, avait appelé à un contrôle strict des frontières de la part des trois pays concernés (Liberia, Guinée, Sierra Leone) afin d'empêcher une résurgence du virus dans les rares régions où l'épidémie recule.

Mme Sirleaf a reçu jeudi soir la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, qui s'est ensuite rendue en Guinée pour achever sa tournée des trois pays.

Dans la capitale sierra-léonaise, Freetown, Mme Dlamini-Zuma avait annoncé que la République démocratique du Congo (RDC) s'était engagée à envoyer 1.000 personnels de santé, s'ajoutant aux quelque 600 déjà promis par les pays d'Afrique de l'Est, mais sans préciser de calendrier.

"Nous avons remarqué que la communauté internationale réagissait avec davantage d'infrastructures mais pas beaucoup de personnels de santé.Et les infrastructures sont vitales pour avoir des centres de traitement et des hôpitaux, mais si ces infrastructures n'ont pas de personnel, c'est du gaspillage", a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant la modestie des effectifs déployés par l'UA (une trentaine de personnes).

 

- Echéance de décembre -

 

Il est "extrêmement difficile de trouver assez de personnel soignant" pour venir lutter contre Ebola, a reconnu jeudi le directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Keiji Fukuda.

Le Dr Fukuda a évoqué une possible "inflexion dans la courbe" de la progression de la maladie d'ici à la fin de l'année, alors que le cap des 10.000 cas est pratiquement atteint, ce bilan incluant près de 4.900 morts.

Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a aussi estimé jeudi que l'épidémie serait "contenue mais pas éliminée" dans son pays "d'ici à la fin de l'année".

Apportant sa contribution à l'effort international, une petite société japonaise a annoncé vendredi qu'elle allait offrir 10.000 masques de protection aux pays africains touchés.

Aux Etats-Unis, le cofondateur de Microsoft, le milliardaire et philanthrope américain Paul Allen, a annoncé jeudi qu'il portait ses dons pour combattre Ebola à 100 millions de dollars (environ 79 millions d'euros).