Echec des discussions sur l'avenir institutionnel de Madagascar

Par La rédaction

GABORONE (Botswana) (AFP)

 Les partis politiques malgaches réunis depuis lundi à Gaborone ne sont pas parvenus à s'entendre, mardi, sur un plan de sortie de crise proposé par la Communauté de développement d'Afrique Australe (SADC).

Les discussions se sont finies vers 18H00 (16H00 GMT) sans autre commentaire qu'un communiqué final assez laconique qui met l'accent sur la volonté commune des participants de "revenir à la normalité constitutionnelle" et de "tenir des élections libres, justes et transparentes", mais ne ne dit pas quels ont été les points de désaccord.

"Le président de la SADC va présenter un rapport sur les parties prenantes de la scène politique malgache au sommet extraordinaire programmé le 11 juin" à Johannesburg, note-t-il.

"Nous avons rencontré les partis politiques.Ils ont exprimé leurs points de vue.Maintenant, nous sommes en mesure de faire des recommandations pour le sommet" de samedi, a précisé à l'AFP le secrétaire exécutif de la SADC, Tomaz Salomao.

"Je ne peux pas dire pour l'instant" de quoi il retournera."Attendons samedi", a-t-il ajouté.

Alors que l'AFP lui demandait si les parties en présence étaient proches d'un accord, le président zambien Rupiah Banda, qui préside l'organe de sécurité de l'organisation régionale, a répondu: "Non, non!"

Lui aussi a renvoyé au sommet de samedi: "Nous allons faire un rapport au sommet de toute la SADC ce week-end, et alors nous pourrons en dire plus."

Les onze partis présents à Gaborone étaient invités à approuver la "feuille de route" négociée par la SADC.Elle prévoit que l'actuel homme fort de l'île, Andry Rajoelina, reste au pouvoir jusqu'à l'organisation de nouvelles élections, et l'autorise à être candidat à la présidentielle.

En revanche, ce document interdit à son rival, l'ancien président Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud depuis son renversement par M. Rajoelina en mars 2009, de rentrer dans son pays dans le climat actuel.

La question de son retour semble avoir été l'une des principales pierres d'achoppement, mardi.

Marc Ravalomanana, qui comme les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy refuse de signer le plan de la SADC, le considère toujours comme un brouillon.

"Ils vont en préparer un nouveau", a-t-il indiqué à l'AFP."La feuille de route est comme un document pour commencer, et puis nous verrons."

L'ex-président a ajouté qu'il croyait que la SADC --qui tout comme l'Union africaine a suspendu Madagascar après le coup d'Etat de M. Rajoelina-- est favorable à son retour à Madagascar pour qu'il puisse se présenter à de nouvelles élections.

"Sur (la question de) mon retour à Madagascar, ils ont dit clairement: si nous voulons mettre en oeuvre une véritable démocratie, laissons les gens choisir (qui) ils veulent être leur chef", a-t-il déclaré.

A ce propos, le président zambien Rupiah Banda a encore dit que "cela sera décidé (...) à Johannesburg" samedi.

Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à la prison à perpétuité à Madagascar après que la garde présidentielle eut tiré sur un groupe de manifestants lors des violentes manifestations qui ont conduit à son renversement en 2009.

Le camp Rajoelina estime au contraire que la feuille de route doit être mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et que M. Ravalomanana doit choisir entre l'exil ou la prison au pays.

"Il n'est pas encore envisageable pour le peuple malgache de concevoir un retour de Marc Ravalomanana", a indiqué à l'AFP Augustin Andriamananoro, conseiller spécial de l'actuel homme fort de la Grande Ile.