Egypte: 4 morts dans l'attaque d'une église copte au Caire

Par La rédaction

Le Caire (AFP)

La police égyptienne était à la recherche lundi des hommes armés ayant pris pour cible les participants à un mariage copte devant une église du Caire, faisant quatre morts selon un nouveau bilan.

L'attaque dimanche soir contre l'église de la Vierge dans le quartier populaire d'Al-Warrak a fait quatre morts et 17 blessés, selon un nouveau bilan communiqué lundi par le chef des services de secours, Ahmed al-Ansari, qui n'a pu préciser si toutes les victimes étaient coptes.

Une fillette de 8 ans a été tuée dans cette attaque, la première à toucher la communauté copte dans la capitale depuis la destitution le 3 juillet du président islamiste Mohamed Morsi.

"Deux hommes sont arrivés à moto et l'un d'entre eux a ouvert le feu", a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Lundi, des forces de sécurité étaient déployées autour de l'église, dont les murs étaient marqués de balles.Des femmes en noir étaient rassemblées à l'entrée de l'édifice.

Un fidèle, Ayman Moussa, a affirmé à l'AFP que l'église ne bénéficiait d'aucune protection des forces de sécurité depuis juin, en dépit de nombreuses attaques contre les Coptes à travers le pays.

Le Premier ministre Hazem Beblawi a condamné cet "un acte criminel méprisable", et assuré que les forces de sécurité étaient à la recherche des assaillants.

"Des actes aussi terribles ne parviendront pas à diviser musulmans et chrétiens", a-t-il néanmoins assuré selon un communiqué du gouvernement.

Selon M. Beblawi, la police enquête sur les circonstance de l'attaque, et il a demandé aux autorités de fournir les soins d'urgence aux blessés.

Les chrétiens égyptiens, des Coptes en majorité, sont régulièrement la cible d'attaques depuis le renversement du président Morsi et surtout depuis l'évacuation par la force, le 14 août, de deux places de la capitale occupées par ses partisans.

Les islamistes accusent les Coptes d'avoir soutenu le coup de force de l'armée contre Mohamed Morsi, qui appartient à la confrérie des Frères musulmans et a été le premier président élu démocratiquement en Egypte.

Les Coptes, qui représentent 6 à 10% des 85 millions d'Egyptiens, se sont régulièrement plaints de discrimination, notamment sous la présidence de M. Morsi.

Dans un rapport publié le 9 octobre, Amnesty International a affirmé que les forces de sécurité égyptiennes avaient échoué à protéger les Coptes visés par des attaques pourtant prévisibles après la sanglante répression des partisans de Morsi.

Pour Human Rights Watch, les deux provinces les plus touchées ont été Minya et Assiout, dans le centre du pays.

Les Frères musulmans ont déploré l'attaque de dimanche et pointé du doigt les nouvelles autorités mises en place par l'armée.

"Les autorités soutenues par l'armée continuent à ignorer des actes délibérés d'incendies criminels, de vandalisme et de meurtre," a estimé la confrérie dans un communiqué.

Le nouveau gouvernement égyptien a lancé une répression de grande ampleur contre les islamistes, arrêtant mi-août plus de 2.000 d'entre eux dont nombre de cadres des Frères musulmans.

De son côté, le président destitué sera jugé à partir du 4 novembre pour "incitation au meurtre" de manifestants, un procès qui pourrait attiser encore davantage les tensions en Egypte.