Egypte: arrestation d'un responsable d'un groupe de défense des droits humains

15 novembre 2020 à 20h05 par AFP

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L'Egypte a arrêté dimanche le responsable d'un groupe de défense des droits humains accusé notamment d'avoir "rejoint un groupe terroriste" et de "diffuser de fausses informations", a indiqué l'organisation dans un communiqué.

"Dans une escalade sans précédent pour l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une force de sécurité a arrêté Mohamed Bacheer, le responsable administratif de l'EIPR, chez lui" (...) et il a été détenu pendant plus de 12 heures dans un bâtiment de la Sûreté de l'Etat, a affirmé l'ONG locale.M. Bacheer a été accusé d'avoir "rejoint un groupe terroriste", de "diffuser des fausses informations" sur les réseaux sociaux et d'avoir "financé le terrorisme", des accusations souvent retenues contre les opposants et militants.L'EIPR a indiqué qu'il avait été interrogé par le procureur de la Cour suprême de sûreté de l'Etat sur son travail, en particulier une visite en novembre à son bureau au Caire "par un nombre d'ambassadeurs et diplomates" pour discuter des droits humains.Il a été placé en détention provisoire durant 15 jours et sera interrogé à une date ultérieure, selon l'ONG qui a appelé les autorités à le libérer immédiatement.Selon la loi égyptienne, la détention provisoire peut durer jusqu'à deux ans.M. Bacheer compte parmi d'autres figures de militants pour les droits humains, d'avocats et journalistes arrêtés dans la même affaire, connue localement comme l'affaire 855/2020."La détention de Mohamed Bacheer est seulement le dernier épisode d'une répression en cours qui vise à intimider et effrayer les professionnels des droits humains et du droit ainsi que des (...) militants", ajoute le communiqué.La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a affirmé dans une conférence de presse aux côtés de son homologue français Jean-Yves Le Drian, qu'il "n'y a pas de détention arbitraire, il y a des détentions en application de la loi". "L'Egypte est un Etat de droit".Le ministère de l'Intérieur n'a fait aucun commentaire. Selon des ONG, quelque 60.000 détenus en Egypte sont des prisonniers politiques. Depuis la destitution par l'armée en Egypte en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi et l'arrivée au pouvoir l'année suivante d'Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s'est abattue sur toute forme d'opposition, islamiste ou libérale.