Egypte: des dizaines de blessés lors de heurts entre soldats et manifestants

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées vendredi au Caire dans des heurts entre manifestants et soldats devant le siège du gouvernement, où des militants hostiles au pouvoir militaire campent depuis fin novembre.

Au moins 36 personnes ont été blessées dans les affrontements entre les protestataires qui encerclaient le siège du gouvernement et les forces de sécurité tentant de les repousser, a rapporté l'agence officielle Mena, citant le ministère de la Santé.

En outre, 32 membres des forces de sécurité ont été blessés, dont un officier par un tir de chevrotine, a affirmé la télévision d'Etat.

Après une série de charges menées par les militaires armés de matraques et de boucliers, les manifestants, au nombre de quelques centaines, bloquaient dans l'après-midi l'une des principales avenues du centre-ville, conduisant à la place Tahrir, foyer de la mobilisation contre le président déchu Hosni Moubarak.

Ils se protégeaient avec des palissades de chantier arrachées pour s'approcher du siège du gouvernement, du haut duquel des officiers en civil leur jetaient des pierres.

Les protestataires s'acharnaient à coups de pierres et de projectiles incendiaires sur le bâtiment, dont toutes les fenêtres des étages inférieurs étaient brisées.

Deux manifestants dont un enfant, avaient auparavant été évacués après avoir été touchés à la tête par des munitions de petit calibre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des manifestants arrêtés lors de la première charge, en fin de matinée, ont été relâchés.

"Quand la police militaire a chargé, une fille qui se trouvait derrière moi a trébuché et elle est tombée.Je me suis arrêté pour l'aider et les soldats nous ont frappés à coups de matraque pendant deux minutes et nous ont traînés vers le bâtiment du Parlement", a raconté l'un d'entre eux, Nour Nour, qui boitait.

Les interpellés ont été libérés après enregistrement de leur nom, a indiqué Nour Nour, un des animateurs de la contestation et le fils de l'ex-candidat à la présidentielle Ayman Nour.

Des manifestants ont scandé des slogans hostiles au Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui est aux commandes du pays depuis la chute de M. Moubarak en février, et au maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de fait.

"Le peuple veut l'exécution du maréchal", "A bas le Conseil militaire", et "Rentrez dans vos casernes", ont-ils notamment crié.

Les manifestants campent depuis le 25 novembre devant le siège du gouvernement, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir dans le centre-ville, pour protester contre la nomination par l'armée de Kamal el-Ganzouri, un ancien Premier ministre de M. Moubarak, pour diriger le gouvernement.

Ils réclament le transfert sans délai du pouvoir du CSFA à une autorité civile.

Les accrochages avaient commencé en début de matinée, après qu'un manifestant en sang a raconté avoir été arrêté et frappé par des soldats, provoquant la colère de ses camarades qui ont commencé à jeter des pierres vers les militaires, selon des témoins.

Les soldats ont alors répondu par des tirs en l'air, en utilisant des canons à eau et en renvoyant les pierres vers les manifestants.Selon Mona Seif, une militante pour les droits civiques, les militaires ont également lancé des chaises depuis le toit du Parlement, situé à proximité.

L'Egypte est engagée depuis la fin novembre dans des élections législatives qui se déroulent sur plusieurs mois, marquées jusqu'à présent par la domination des formations islamistes.