Egypte: des policiers sur le campus d'al-Azhar pour disperser les pro-Morsi

Par La rédaction

Le Caire (AFP)

La police égyptienne a pénétré mercredi sur le campus d'al-Azhar pour disperser des manifestations de soutien au président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée, lors de la première intervention policière dans une université depuis 2010.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir envoyé des policiers à la demande du président de l'université, l'un des plus prestigieux centres d'études islamiques du monde et après que le parquet a donné son accord pour une telle intervention. 

Depuis 2010, l'officier dépendant du ministère de l'Intérieur qui était en charge de chaque université en Egypte a été remplacé par un personnel de sécurité privé, mettant ainsi fin à la seule présence policière dans les établissements universitaires.Un général de la police a affirmé à l'AFP que l'intervention de mercredi à al-Azhar marquait la première fois où des policiers entraient sur un campus depuis cette date.

Le vice-président d'al-Azhar a de son côté appelé sur une télévision locale à maintenir cette présence sur le campus, où 25 étudiants ont été arrêtés mercredi après-midi, selon un haut responsable du ministère de l'Intérieur.

L'agence officielle Mena a rapporté que les policiers étaient intervenus après que des étudiants avaient durant ces dernières semaines attaqué et saccagé plusieurs bureaux de l'administration universitaire et tiré à la chevrotine sur le campus d'al-Azhar.

Par ailleurs, des affrontements entre étudiants pro et anti-Morsi ont fait 15 blessés à Alexandrie, sur la côte méditerranéenne et sept blessés dans des universités de la région du delta du Nil (nord), ont indiqué des sources au sein des services de sécurité.

Pour les manifestants pro-Morsi, décimés ou arrêtés dans la rue, les universités sont devenues depuis la rentrée, il y a un mois, le dernier bastion de leur mobilisation qui peine à déplacer des foules, quatre mois après la destitution et l'arrestation de M. Morsi le 3 juillet.

Plus d'un millier d'islamistes ont été tués par la police et l'armée depuis le 14 août et plus de 2.000 Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont été arrêtés, dont leurs principaux leaders.

Le président destitué, toujours détenu au secret, doit être jugé à partir du 4 novembre pour la mort de manifestants lors de marches devant son palais présidentiel en décembre 2012.