Egypte: HRW accuse l'armée de la "disparition forcée" de 5 proches de Morsi

1er décembre 2013 à 12h45 par La rédaction

Le Caire (AFP)

Human Rights Watch a accusé dimanche l'armée égyptienne d'être responsable de la "disparition forcée" de cinq membres de la garde rapprochée du président islamiste Mohamed Morsi, détenus au secret depuis sa destitution il y a près de cinq mois.

"Le gouvernement doit officiellement annoncer qu'ils sont détenus ou expliquer ce qui leur est arrivé et où ils se trouvent", réclame l'ONG de défense des droits de l'Homme, ajoutant que les cinq hauts responsables de la présidence Morsi sont retenus "sans procédure judiciaire et très peu de contacts avec l'extérieur" depuis la destitution et l'arrestation de M. Morsi par l'armée le 3 juillet.

"Qu'est-ce que cette feuille de route selon laquelle un gouvernement soutenu par l'armée peut impunément faire disparaître des membres de la garde rapprochée d'un président pendant 150 jours sans explication?", interroge Sarah Leah Whitson, directrice de l'ONG pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, dans le communiqué. 

"Les disparitions forcées durant des mois n'inspirent aucune confiance quant à l'engagement de ce gouvernement à respecter l'Etat de droit", a-t-elle ajouté.

Les familles de Essam El-Haddad, Ayman Ali, Abdelméguid El-Mechaly, Khaled El-Qazzaz, et Ayman El-Serafy ont affirmé à HRW redouter que le gouvernement essaye de se "servir de la détention de leurs proches comme d'un outil dans les futures négociations avec les Frères musulmans", la confrérie de M. Morsi, actuellement cible d'une répression extrêmement sanglante.

HRW, citant la femme de M. Qazzaz, affirme que les cinq hommes sont détenus ensemble par l'armée "dans une seule pièce dont ils ne peuvent sortir qu'une heure par jour", ajoutant qu'ils n'ont "aucun accès au téléphone et à internet".

"La disparition forcée pour une longue durée d'une personne est un crime pur et simple", a encore estimé Mme Whitson, appelant à leur "libération immédiate et sans condition".

La quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans ont été arrêtés et la plupart, dont M. Morsi lui-même, sont actuellement jugés pour "incitation au meurtre" de manifestants.

En outre, des milliers d'islamistes ont été arrêtés depuis la destitution de M. Morsi et depuis la mi-août, la violente répression des nouvelles autorités a fait plus d'un millier de morts.