Egypte: Israël espère un retour à la normale après l'attaque de son ambassade

Par La rédaction

JERUSALEM (AFP) - (AFP)

Israël espérait dimanche calmer le jeu avec l'Egypte, soucieux de préserver le traité de paix "stratégique" avec son voisin, malgré l'attaque d'une violence sans précédent contre son ambassade au Caire.

Plusieurs ministres ont adopté un ton particulièrement conciliant."Nous ferons tout pour que les relations entre les deux pays reviennent à la normale", a assuré à la radio publique Gilad Erdan, le ministre de l'Environnement, un proche du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu.

"C'est dans l'intérêt aussi bien de la partie israélienne qu'égyptienne, même si ce n'est pas simple", a renchéri le ministre de la Défense passive Matan Vilnaï.

La veille, M. Netanyahu avait déjà souligné qu'à ses yeux l'essentiel était de préserver le traité de paix de 1979 qui lie les deux voisins, le premier signé par Israël avec un pays arabe.

"Nous sommes engagés à préserver la paix avec l'Egypte", a souligné M. Netanyahu lors d'une allocution radiodiffusée.

Entrées dans une zone de turbulences après la chute en février du président Hosni Moubarak, les relations bilatérales se sont détériorées depuis que cinq policiers égyptiens ont été tués le 18 août par les forces israéliennes qui pourchassaient les auteurs présumés d'attaques dans le sud d'Israël, près de la frontière avec l'Egypte.

Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman qui, dans le passé, s'était livré à des déclarations très anti-égyptiennes, s'est borné à affirmer que la "balle est dans le camp égyptien".

"Dès que nous aurons obtenu l'assurances des autorités égyptiennes qu'aucune menace ne pèse sur nos diplomates, ils reprendront leur poste", a précisé M. Lieberman.

L'ambassadeur d'Israël en Egypte, Yitzhak Levanon, est rentré précipitamment samedi matin en Israël avec 80 membres du personnel diplomatique et leurs familles, tous sains et saufs.

Les dirigeants israéliens ont également rendu hommage à l'intervention des membres d'un commando égyptien qui "ont réglé le problème, peut-être de façon un peu tardive, mais ils l'ont fait en évitant ainsi un bain de sang", selon M. Vilnaï.

Les forces de sécurité égyptiennes ont délivré six gardes israéliens, chargés de la protection de la mission diplomatique au Caire, assiégés dans les locaux envahis par des émeutiers.

Mais les ministres israéliens ont réitéré leurs doutes sur le "Printemps arabe", considéré comme positif par les pays occidentaux mais accueilli avec la plus grande suspicion en Israël.

"Israël est un des seuls pays au monde à n'avoir pas exulté de joie et applaudi à tout rompre à ce que l'on appelle le +Printemps arabe+.Nous sommes restés très sceptiques, même si nous sommes pour la démocratisation dans les pays arabes", a souligné M. Erdan.

Son collègue a pour sa part ironisé qu'il faudrait "sans doute attendre 100 à 200 ans avant de pouvoir parler d'un véritable printemps".

Par ailleurs, M. Erdan a rejeté catégoriquement tout lien entre l'isolement régional d'Israël, confronté à de graves crises diplomatiques avec l'Egypte et la Turquie, et l'impasse totale dans les négociations avec les Palestiniens.

"Tout cela n'a rien à voir, la haine des foules contre Israël existait même lorsque des négociations directes avaient lieu", a-t-il noté.

En revanche, un député d'opposition du parti Kadima (centre-droit), Israël Hasson, a mis en garde contre le danger d'une "désagrégation des pays modérés de la région".

"Rien ne pourra s'améliorer tant que le gouvernement ne prendra pas d'initiatives avec les Palestiniens", a prédit ce parlementaire.

Faute de perspective de reprise des pourparlers de paix, les Palestiniens ont annoncé leur intention de demander l'adhésion d'un Etat de Palestine aux Nations unies en dépit de l'opposition d'Israël et des Etats-Unis.