Egypte: l'armée pénètre dans une ville tenue par des islamistes

Par La rédaction

Le Caire (AFP)

L'armée a pénétré de force lundi dans une ville du centre de l'Egypte tenue depuis un mois par des partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, ont affirmé à l'AFP des responsables de la sécurité accusant ces militants de s'en prendre aux chrétiens.

Des militaires et des policiers ont lancé l'assaut à l'aube et mené des fouilles maison par maison pour arrêter des islamistes à Delga, dans la province de Minya, où la minorité chrétienne copte est très présente et où de nombreuses églises ont été incendiées depuis que l'armée a renversé M. Morsi le 3 juillet, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

Les 32 entrées de cette ville de quelque 120.000 habitants, tenues depuis 31 jours par des militants armés, ont été reprises par les forces de l'ordre et fermées à toute personne voulant entrer ou sortir, a assuré pour sa part l'agence de presse gouvernementale Mena.Un couvre-feu de jour a été imposé, selon l'agence.

M. Morsi a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet, après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté pour réclamer son départ, et les militaires ont aussitôt mis en place un gouvernement intérimaire chargé de changer la Constitution et d'organiser des élections législatives et présidentielles pour début 2014.

Mais depuis le 14 août, l'armée et la police mènent une campagne extrêmement sanglante de répression visant les manifestations pro-Morsi et en particulier la confrérie du président, les Frères musulmans, qui avaient remporté haut la main les législatives de 2012.

En une semaine à partir de la mi-août, au moins un millier de personnes ont été tuées dans la dispersion très violente de manifestations réclamant le retour du président déchu, notamment au Caire, les victimes étant pour l'immense majorité des pro-Morsi et notamment des Frères musulmans.Et depuis, la quasi-totalité des dirigeants de la confrérie ont été arrêtés.Ils sont jugés, comme M. Morsi, notamment pour "incitation au meurtre" de manifestants du temps où ils étaient au pouvoir.