Egypte: l'épouse de l'ex-président Moubarak en détention préventive

13 mai 2011 à 14h28 par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

L'épouse de l'ex-président Hosni Moubarak, Suzanne Thabet, a pour la première fois été placée vendredi en détention préventive dans le cadre de l'enquête sur sa fortune et pourrait être transférée dans une prison près du Caire.

Le département des gains illicites a décidé "de placer Suzanne Thabet Saleh, l'épouse de l'ancien président Hosni Moubarak, en détention pendant 15 jours pour les besoins de l'enquête", a indiqué l'agence officielle Mena.

L'annonce a été saluée par plusieurs milliers de manifestants rassemblés sur la symbolique place Tahrir, dans le centre du Caire, pour appeler à l'unité entre chrétiens et musulmans.La foule a lancé des vivats tandis que des femmes poussaient des youyous en signe de joie.

Mme Moubarak est accusée d'enrichissement illégal en ayant abusé de la position de son mari et selon une source de sécurité, elle pourrait être transférée à la prison de Qanater, près du Caire.

L'ex-Première dame et son époux ont été interrogés jeudi dans le cadre d'une enquête pour enrichissement illégal par une équipe du département des gains illicites à Charm el-Cheikh, station balnéaire située sur la mer Rouge où l'ancien chef d'Etat s'est réfugié après sa démission sous la pression populaire le 11 février.

Selon la Mena, les époux Moubarak ont signé pendant leur interrogatoire des décharges en arabe, anglais et français levant le secret sur leurs comptes bancaires en Egypte et à l'étranger.

C'était la première fois que les Moubarak étaient interrogés par cette section du ministère de la Justice, qui cherche des "preuves qu'ils ont abusé de leur position pour s'enrichir illégalement".

M. Moubarak, 83 ans, est soigné depuis le 12 avril à l'hôpital international de Charm el-Cheikh après avoir eu un malaise cardiaque pendant un interrogatoire.

Chassé du pouvoir il y a trois mois par une révolte populaire, il a été placé le 13 avril en détention dans cet hôpital dans le cadre d'une enquête pour corruption ainsi que pour la répression meurtrière de manifestations qui réclamaient son départ.

Mardi, la justice a prolongé, pour la deuxième fois en 15 jours, sa détention préventive.Jeudi soir, le département des gains illicites a ordonné qu'il soit détenu pour 15 jours, qui viendront s'ajouter à sa période de détention actuelle, pour enrichissement illégal.

Le président déchu, qui a confié le pouvoir à l'armée lors de son départ, avait déjà été interrogé par le bureau du procureur concernant différentes accusations, notamment les tirs contre les manifestants anti-régime.

Selon un bilan officiel, 846 civils sont morts dans les manifestations de janvier et février et plus de 6.000 personnes ont été blessées.Un membre de la commission d'enquête sur la répression a indiqué que l'ex-président était complice de ces violences.

Les deux fils de Hosni Moubarak, Gamal et Alaa, sont de leur côté incarcérés à la prison de Tora au Caire dans le cadre d'enquêtes pour corruption et sur la répression des manifestations.

Hosni et Suzanne Moubarak, Alaa et Gamal et leurs épouses ont interdiction de quitter l'Egypte et leurs avoirs dans le pays ont été gelés.

Avant le soulèvement populaire, Gamal Moubarak était considéré comme le successeur désigné de son père, tandis qu'Alaa se concentrait sur les affaires.Suzanne Moubarak aurait poussé Gamal à s'impliquer en politique et à viser la présidence.

Depuis la chute de M. Moubarak, deux anciens ministres, celui du Tourisme Zoheir Garranah et celui de l'Intérieur Habib el-Adli, ont été condamnés pour corrpution.Le premier a écopé de 5 ans de prison, le second de 12 ans.