Egypte: ouverture des bureaux de vote pour le second tour des législatives

5 décembre 2010 à 8h52 par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 08H00 locales (06H00 GMT) en Egypte pour le second tour des élections législatives, que le parti au pouvoir est sûr de remporter haut la main après le retrait des deux principales formations de l'opposition.

Le premier tour, le 28 novembre, a été marqué par des accusations de fraude à grande échelle et des violences, ce qui a poussé les Frères musulmans, principale force d'opposition du pays, et le parti libéral Wafd, premier parti laïque, à se retirer du processus électoral.

Le Parti national démocrate (PND) du président Hosni Moubarak a raflé 209 sièges lors de la première phase, soit près de 95% des sièges pourvus.Il ne sera en compétition au second tour qu'avec des petits partis de l'opposition légale sans poids réel et des indépendants.

Les électeurs sont appelés jusqu'à 19H00 à choisir 283 députés.D'après l'agence officielle Mena, 566 candidats sont en compétition, dont 383 du PND -qui se retrouvent parfois à plusieurs pour le même siège-, 167 indépendants et 16 de l'opposition.

Dimanche matin, dans un bureau de vote du Caire, les policiers dépassaient en nombre la poignée d'électeurs présents, selon un photographe de l'AFP.

Les élus de l'Assemblée du peuple, la plus importante des deux chambres du Parlement, ont un mandat de cinq ans.L'Assemblée compte 518 sièges: 508 sont ouverts à la compétition électorale et dix sont directement attribués par M. Moubarak.

De nombreuses irrégularités au profit du PND ont été rapportées lors du premier tour par des observateurs égyptiens indépendants ainsi que la presse indépendante et d'opposition, qui ont évoqué des urnes bourrées, des achats de vote et l'envoi d'hommes de main pour intimider les électeurs.

Le gouvernement a rejeté ces accusations et le PND a mis l'échec de l'opposition sur le compte de sa propre "faiblesse".

Le parti "va traiter le second tour avec la même force que le premier", a assuré Sami Abdel Aziz, membre de la commission médias de la formation de M. Moubarak.

Le centre de recherche américain Carnegie a jugé "clair que les citoyens égyptiens auront une Assemblée du peuple contrôlée par le PND pendant les cinq prochaines années".

Ces élections, "en unifiant presque complètement les branches législative et exécutive, ne feront qu'aggraver les problèmes actuels de la politique égyptienne", a-t-il ajouté, en évoquant "la faiblesse de la branche législative et le déclin continu de son rôle de supervision".

Ce scrutin législatif se tient à un an d'une élection présidentielle, dans un climat d'incertitude sur la succession possible de M. Moubarak, 82 ans dont 29 au pouvoir.

Le chef de l'Etat n'a toujours pas fait savoir s'il se présenterait, mais laisse à son entourage le soin de dire qu'il pourrait effectuer un nouveau mandat.