Egypte: ouverture du procès des violences confessionnelles de mai

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Le procès de 48 personnes accusées d'avoir participé aux heurts entre chrétiens et musulmans ayant fait 12 morts en mai s'est ouvert dimanche.

Un nouveau banc des accusés a été installé afin de séparer les accusés musulmans et chrétiens.Les forces de sécurité protégeaient le bâtiment abritant le tribunal à l'extérieur duquel les familles des accusés organisaient une manifestation.

Les 28 accusés présents --20 autres sont encore recherchés-- ont tous plaidé non coupables.Ils sont accusés de meurtre prémédité, incitation aux tensions confessionnelles et atteinte à la sécurité publique.

Les heurts du 7 mai dans le quartier populaire d'Imbaba, avaient fait 12 morts et 52 blessés.

Des musulmans avaient attaqué l'église copte de Saint Mena de ce quartier dans le but de libérer une femme chrétienne qui était présumée être détenue contre son gré car elle voulait se convertir à l'islam.

Les Coptes ont accusé les soldats de n'avoir rien fait pour stopper les heurts.

Des centaines de Coptes ont tenu un sit-in à l'extérieur du siège de la télévision d'Etat pour réclamer davantage de protection.

Ce sit-in a été attaqué une semaine plus tard, provoquant de nouveaux heurts qui ont fait des dizaines de blessés et fait craindre des violences confessionnelles d'envergure.

L'Egypte est en proie à l'insécurité et à des violences confessionnelles depuis la révolte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak le 11 février, créant un vide au niveau des services de sécurité.

Après les heurts, le Conseil suprême des forces armées, qui a pris le pouvoir au départ de Moubarak, a prévenu qu'il allait frapper "d'une main de fer" tous ceux qui portaient atteinte à la sécurité du pays.

Les chrétiens coptes, qui représentent près de 10% de la population égyptienne (80 millions d'habitants), se disent victimes de discrimination et ont visés par plusieurs attaques.