Egypte: surpêche et charognes peut-être à l'origine des attaques de requin

9 décembre 2010 à 20h52 par La rédaction

CHARM EL-CHEIKH (Egypte) (AFP)

La surpêche et les charognes déversées dans la mer par des bateaux pourraient expliquer la récente série d'attaques de requin dans une station balnéaire en Egypte, selon les premiers éléments établis par des experts et rendus publics jeudi.

Le service des sports nautiques et de la plongée du ministère du Tourisme a indiqué que trois experts américains dépêchés à Charm el-Cheikh pour percer le mystère des agressions de la semaine dernière, dont celle mortelle de dimanche, estiment que deux requins sont derrière ces attaques.

"Un ou plusieurs incidents de déversements illégaux de carcasses d'animaux" pourraient avoir contribué aux attaques, indique le service dans un communiqué.

"La diminution de proies naturelles dans la zone, en raison de la surpêche et du fait que des nageurs et plongeurs nourrissent à des endroits localisés des poissons de récif et/ou des requins", sont autant d'explications, auxquelles se rajoutent les températures élevées de l'eau.

Quatre touristes, trois Russes et un Ukrainien, ont été grièvement blessés les 30 novembre et 1er décembre lors d'attaques séparées.Dimanche, une septuagénaire allemande a été tuée par un squale près du rivage.

Les plages de cette station de la mer Rouge sont interdites à la baignade depuis.

Après des premières attaques, les autorités avaient annoncé la capture de deux squales, un requin longimane et un requin mako, et les plages avaient été rouvertes samedi malgré l'avertissement d'une association locale selon laquelle un requin était toujours libre.

Les estomacs des squales, qui secrètent de l'acide hautement corrosif détruisant rapidement les tissus, ne contenaient pas de restes humains, a affirmé l'un des trois experts américains, George Burgess qui dirige l'International Shark Attack File, basé en Floride (Etats-Unis).

Selon lui, un mako ou deux sont derrière les attaques du 1er décembre, au vu des marques de morsure sur les victimes, alors que la première et la dernière attaques sont sans doute le fait d'un seul et même requin longimane.

"Ce serait un agresseur en série.C'est la première fois à ma connaissance que cela se produit", a dit M. Burgess.

Elke Bojanowski, expert des squales en mer Rouge, a dit que des photographies révélaient l'implication d'un requin femelle dans deux des attaques.