Egypte: une militante connue libérée après quasiment deux ans de détention sans jugement

18 juillet 2021 à 10h07 par AFP

AFRICA RADIO

La journaliste et blogueuse Esraa Abdel-Fattah, l'un des symboles de la révolution de 2011 en Egypte qui a renversé Hosni Moubarak, a été libérée après quasiment deux ans de détention provisoire, a annoncé dimanche l'avocat Khaled Ali.


Ce dernier a publié sur son compte Facebook une photo d'Esraa Abdel Fattah après sa sortie de prison. Plusieurs de ses amis sur Facebook ont également posté des photos d'elle dès sa libération.Connue pour avoir été l'une des fondatrices du "Mouvement du 6 avril" en 2008, à l'origine de la mobilisation de millions d'Egyptiens lors de la révolte de 2011 ayant provoqué la chute de Hosni Moubarak, Esraa Abdel-Fattah a été arrêté en octobre 2019 pour "diffusion de fausses nouvelles" et "collaboration avec un groupe terroriste".Son arrestation avait provoqué de nombreuses critiques internationales. Esraa Abdel Fattah, 43 ans, a retrouvé la liberté quelques heures après une décision surprise du parquet égyptien de la libérer à l'issue de près de 22 mois de détention provisoire sans jugement. Samedi soir, le parquet a également décidé de libérer le militant Abdel Nasser Ismaïl, leader du Parti de l'Alliance populaire (gauche), arrêté en septembre 2019 pour "participation à un groupe terroriste", selon des avocats des droits humains. Dans le même temps, le journaliste et opposant égyptien Gamal El-Gammal, arrêté à son retour de Turquie en février dernier, a également été libéré.Esraa Abdel-Fattah s'était opposée aux Frères musulmans à leur arrivée au pouvoir en Egypte en 2012, et a soutenu les appels à renverser leur régime et les manifestations du 30 juin 2013 qui ont conduit au départ du président islamiste Mohamed Morsi.Elle a été emprisonnée à l'époque de Hosni Moubarak, après la création du Mouvement du 6 avril 2008 et son appel à une grève des ouvriers dans la ville de Mahalla dans le delta du Nil la même année.Jeudi, les Etats-Unis ont mis en garde l'Egypte contre le fait de prendre pour cible des militants des droits humains et indiqué que cela serait pris en compte lors de tractations en vue de ventes d'armes entre les deux pays alliés, après l'annonce par un éminent activiste de son inculpation.Depuis l'arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi en 2014, les autorités mènent une impitoyable répression contre tous types d'opposition, islamiste comme libérale.Selon la loi égyptienne, les périodes de détention provisoire sans jugement peuvent être prolongées jusqu'à deux ans.mon/rd/hj/bfi