Egypte: Washington compte suspendre la majeure partie de son aide

Par La rédaction

Washington (AFP)

Les Etats-Unis comptent suspendre la majeure partie de l'aide militaire qu'ils fournissent à l'Egypte en représailles à la sanglante répression contre les partisans du président déchu Mohamed Morsi, ont indiqué mercredides responsables américains.

Cette décision entraînera la suspension des livraisons d'hélicoptères Apache, de chasseurs F-16 et de chars M1A1 Abrams au Caire, selon ces interlocuteurs qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat, confirmant des informations parues dans les médias américains tard mardi soir. 

En revanche, ont-ils souligné, la coopération américano-égyptienne en matière d'antiterrorisme se poursuivra.

Une annonce officielle doit intervenir dans les prochains jours, mais ces responsables ont précisé que l'administration américaine avait déjà suspendu ses livraisons de matériel militaire lourd depuis le 3 juillet et la destitution du président Mohamed Morsi.

"Cela fait des mois que rien n'a été livré", a expliqué un responsable.

Depuis le début de la répression, l'administration du président Barack Obama est sous pression pour couper l'aide versée chaque année au Caire.Elle s'élève à 1,55 milliard de dollars, dont 1,3 milliard pour l'armée égyptienne et 250 millions d'aide économique.

A la mi-août, Washington avait déjà annulé des exercices militaires conjoints avec l'Egypte et reporté la livraison de quatre avions de combat F-16 à l'armée égyptienne. 

Mais mardi soir, la Maison Blanche s'est refusée à confirmer ou infirmer les informations selon lesquelles elle comptait réduire son aide.

"Les informations qui affirment que nous suspendons la totalité de notre aide militaire à l'Egypte sont fausses", a indiqué Caitlin Hayden, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, expliquant que l'administration comptait dévoiler ses intentions dans les prochains jours.

Depuis la destitution de M. Morsi, les autorités installées par l'armée ont lancé une répression implacable contre les Frères musulmans, qui a connu son paroxysme le 14 août, lorsque l'armée et la police ont dispersé dans un bain de sang deux campements pro-Morsi.

Depuis la mi-août, plus d'un millier de personnes ont été tuées et plus de 2.000 islamistes arrêtés, dont la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans.