Elections au Kenya: risques de violences "dangereusement élevés"

Par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

Les risques de violences restent "dangereusement élevés" lors des prochaines élections début mars au Kenya, les causes profondes du bain de sang ayant marqué le précédent scrutin fin 2007 n'ayant pas été réglées, a estimé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié vendredi.

"Les causes sous-jacentes de la violence électorale passée restent présentes et, dans certaines parties du pays, les tensions se sont accrues" conduisant le Kenya "vers une autre élection où le risque de violences et de violations des droits de l'Homme demeure dangereusement élevé", écrit l'ONG de défense des droits de l'Homme.

"La violence n'est pas inévitable, mais les signaux d'alerte sont trop lumineux pour pouvoir être ignorés", a insisté le directeur Afrique de HRW dans un communiqué.

Selon l'ONG basée aux Etats-Unis, le gouvernement kényan "ne s'est pas attaqué aux racines de la violence politique passée, telles les abus et la corruption de la police, les hommes politiques attisant les tensions inter-ethniques et la quasi-totale impunité des auteurs de crimes graves".

Les affrontements inter-communautaires au Kenya depuis début 2012 ont fait plus de 477 morts et plus de 118.000 déplacés, indique HRW dans ce rapport intitulé "Enjeux élevés: violence politique et élections 2013 au Kenya".

"La plupart des incidents sont liés à des manoeuvres pré-électorales (...), la police et autres autorités ont de façon répétée été incapables de prévenir la violence ou de traduire en justice les responsables", lit-on dans le rapport.

L'ONG souligne que la police est en sous-effectif et largement sous-équipée, ce qui l'empêche de s'attaquer aux violences ethniques et aux gangs criminels.De plus, les policiers sont accusés de violer les droits de l'Homme lorsqu'ils interviennent et sont considérés comme corrompus et de mèche avec les criminels.

Un membre d'une ONG locale a affirmé à HRW que les différentes communautés "s'armaient" en prévision du scrutin.

"Partout ils disent +cette fois nous seront prêts+", a-t-il dit, cité par HRW, en référence à la contestation post-électorale du scrutin de fin 2007, qui avait dégénéré en tueries ethniques et fait plus d'un millier de morts et des centaines de milliers de déplacés en un mois.

Les Kényans se rendent aux urnes le 4 mars, pour élire un nouveau chef de l'Etat, des députés, des sénateurs, des gouverneurs, vice-gouverneurs et conseillers départementaux, des représentantes féminines dans les assemblées.

Seule la présidentielle est susceptible de donner lieux à un second tour, dont la date n'est pas encore fixée.