Elections aux Botswana: le parti au pouvoir mène mais l'opposition perce

Par La rédaction

Gaborone (Botswana) (AFP)

Le parti au pouvoir au Botswana arrivait samedi en tête des élections générales mais l'opposition a réussi une percée, selon des résultats partiels dans ce pays d'Afrique australe, gros producteur de diamants mais touché par la crise économique et le chômage.

La commission électorale a publié les résultats pour 11 des 57 sièges du Parlement: le Parti démocratique du Botswana (BDP, au pouvoir) en a remporté sept tandis que le Collectif pour un changement démocratique (UDC), une coalition de partis qui se présente pour la première fois, en a arraché quatre.

Le BDP du président Ian Khama détenait 45 sièges dans le Parlement sortant de cet ancien protectorat britannique peuplé de seulement deux millions d'habitants, aujourd'hui considéré comme l'une des démocraties les plus apaisées et les moins corrompues d'Afrique. 

Ce sont les parlementaires qui élisent le président et Ian Khama devrait obtenir, à 61 ans, un second mandat de cinq ans, mais avec une majorité réduite.

Les législatives, marquées vendredi par une forte participation des quelque 800.000 inscrits, étaient présentées comme le scrutin le plus serré pour le parti au pouvoir depuis l'indépendance il y a près de cinquante ans.

Aux municipales, le BDP l'emporte dans six des treize circonscriptions de Gaborone où les résultats ont été comptabilisés.Mais l'UDC et le grand rival du BDP, le Parti du congrès du Botswana (BCP), ont gagné dans les sept autres circonscriptions.

Lors des précédentes élections en 2009, le BDP avait emporté 22 des 30 circonscriptions de la capitale.

Des retards ont été enregistrés dans le dépouillement des bulletins pour l'élection des députés, et les résultats pour 46 sièges se font toujours attendre.

Mais la commission électorale se dit confiante: les résultats complets devraient être annoncés "dans le courant de la nuit, malgré la lenteur des progrès", selon le porte-parole Osupile Maroba.

Ian Khama, fils du premier président du pays, Seretse Khama, est aussi un chef traditionnel du clan Bangwato et il peut compter sur le soutien des campagnes au BDP, au pouvoir depuis l'indépendance de 1966.

Mais il est confronté à l'essor des partis d'opposition dans les zones urbaines.

 

- 'Besoin d'emploi' -

Le parti au pouvoir a subi une scission en 2010 et est critiqué pour la montée du chômage.Le pays a connu une croissance moyenne de 7,1% entre 2005 et 2007, avant d'entrer en récession en 2009 à la suite de la crise mondiale et de l'effondrement de la demande de diamants.

Parmi les électeurs, les plus jeunes ont expliqué vouloir un changement pour l'emploi et l'amélioration de leurs conditions de vie.

"Le gouvernement prend soin de nous, mais cela ne suffit pas.Nous avons besoin d'emplois.Les mines n'embauchent plus personne.Les choses ne vont pas bien pour les jeunes ici", a souligné Tau Mongwase, un jeune chômeur.

Dans une lettre aux électeurs distribuée à une semaine du scrutin, le président Khama avait implicitement reconnu l'échec de son gouvernement en matière d'emploi: "Je suis peiné que nous n'ayons pas réussi à faire plus pour nos concitoyens qui ne trouvent pas de travail, particulièrement notre talentueuse jeunesse".

Pour la coalition d'opposition UDC, le président Khama se comporte en outre de façon de plus en plus autoritaire.

"Ces élections sont importantes, nous sommes fatigués d'avoir un même parti qui remporte tout", a déclaré Paul Metsing, un sympathisant de l'UDC, en référence à la victoire écrasante du BDP en 2009.

Les observateurs électoraux de la Communauté d'Afrique australe (SADC), du Commonwealth et de l'Union européenne doivent rendre leurs conclusions plus tard.

Mais le Haut-commissaire sud-africain à Gaborone, Mdu Lembede, qui fait partie des observateurs, a salué des élections "pacifiques".

Un peu plus grand que la France, enclavé, le Botswana est constitué pour l'essentiel de zones désertiques, dont le Kalahari.