Elections en RDC: reddition de 50 chefs de milice au Kasaï

Par AFP

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Cinquante chefs d'une milice rebelle responsable avec les forces de sécurité des violences ayant fait 3.000 morts au Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), se sont rendus aux autorités mardi, se disant satisfaits des résultats de la présidentielle.

"Nous avons enregistré aujourd'hui une reddition volontaire de 50 chefs des Kyota. Ils nous ont surpris par leur nombre", a déclaré le lieutenant André Mulumba, porte-parole de l'armée dans la région du Kasaï (centre).Les Kyota sont des sites sur lesquels les miliciens de la secte Kamuina Nsapu suivent un rite initiatique destiné à les rendre invulnérables.Ces 50 chefs miliciens, qui se sont dirigés directement vers le bureau de la commune de Kananga, portaient des bandeaux blancs sur la tête, a constaté un correspondant de l'AFP dans la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-central."Nous avions pris les armes pour obtenir le changement de régime. Maintenant que Félix Tshisekedi est élu président de la République, plus rien ne justifie notre rébellion", a déclaré à l'AFP Kaleb Ngandu, porte-parole des chefs miliciens pour la circonstance.Les 50 miliciens devaient ensuite être conduits auprès du gouverneur du Kasaï-central, selon le correspondant de l'AFP.Le 10 janvier, la commission électorale (Céni) a proclamé provisoirement Félix Tshisekedi, originaire du Kasaï, vainqueur de la présidentielle du 30 décembre pour succéder au président Joseph Kabila, qui ne pouvait pas se représenter.Un autre opposant, Martin Fayulu, arrivé deuxième de la présidentielle selon les chiffres de la Céni, a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle, que celle-ci a commencé à examiner mardi.Le Kasaï a basculé dans la violence avec l'insurrection de la milice politico-mystique Kamuina Nsapu, du nom d'un chef coutumier tué dans une opération des forces de sécurité contre sa résidence le 12 aout 2016.Cette rébellion a fait 3.000 morts entre septembre 2016 et octobre 2017 et 1,4 millions de déplacés, selon l'ONU.