Elections en Tanzanie: le principal candidat de l'opposition rejette à l'avance les résultats

Par AFP

AFRICA RADIO

Le principal candidat de l'opposition à la présidentielle en Tanzanie, Tundu Lissu, a rejeté par avance jeudi les résultats des scrutins présidentiel et législatifs de la veille, les qualifiant d'"imposture totale".

"Ce qui s'est passé hier n'était pas une élection et nous ne la reconnaissons donc pas.Nous n'acceptons pas les résultats" qui seront publiés, a déclaré M. Lissu, principal adversaire du président sortant John Magufuli, lors d'une allocution diffusée sur internet.

M. Lissu a dénoncé "une fraude électorale d'une ampleur sans précédent dans notre histoire.Le vote dans de nombreuses parties du pays hier s'est déroulé dans des conditions qu'on ne peut décrire comme propices à des élections libres, équitables et crédibles".

Il a notamment cité, comme la veille, les observateurs de son parti, le Chadema, empêchés d'entrer dans "des milliers de bureaux de vote" ou qui ont été expulsés de "plusieurs milliers d'autres" par les forces de sécurité.

"Les résultats qui sont annoncés depuis hier et que la commission électorale continue d'annoncer sont donc des résultats illégitimes.Ils ne constituent ni n'expriment la volonté du peuple tanzanien", a-t-il poursuivi, "ce qui est présenté au monde est une imposture totale, pas une élection".

"Nous n'acceptons et ne reconnaissons aucun résultat issu de ce processus" qui est celui d'un "gang qui a décidé de rester au pouvoir coûte que coûte" a-t-il accusé, estimant que "le changement démocratique n'est pas possible en Tanzanie".

Selon les premiers résultats partiels annoncés par la Commission électorale de Tanzanie (NEC) et portant sur 12 des 264 circonscriptions du pays, le président John Magufuli, 61 ans ce jeudi et qui brigue un second mandat, arrive très largement en tête avec plus de 80% des voix, M. Lissu ne dépassant pas les 15%.

Le premier mandat de M. Magufuli, candidat du CCM ("Parti de la révolution"), au pouvoir depuis l'indépendance, a été marqué par un recul très net des libertés individuelles et des droits humains dans le pays, selon de nombreuses organisations de droits de l'Homme.

Candidat du Chadema (Parti pour la démocratie et le progrès), M. Lissu, avocat de formation de 52 ans, est rentré au pays fin juillet après trois de soins et de convalescence consécutifs à une tentative d'assassinat - à caractère politique selon lui, au cours de laquelle il avait été blessé par 16 balles en 2017.

La plupart des médias internationaux n'ont pas obtenu d'accréditation pour couvrir le scrutin en Tanzanie continentale et plusieurs messageries ou réseaux sociaux tels que WhatsApp et Twitter étaient inaccessibles sur l'ensemble du territoire.