Elections: l'opposition en Centrafrique demande à l'ONU d'enquêter sur son représentant

Par AFP

AFRICA RADIO

Une coalition de partis d'opposition en Centrafrique a demandé à l'ONU d'enquêter sur son représentant dans le pays, accusé de soutenir le président Faustin Archange Touadéra fraîchement réélu, dans une lettre adressée dimanche au secrétaire général des Nations Unies.

Selon la Coalition de l'opposition démocratique (COD 2020), "une enquête s'avère nécessaire" contre le représentant spécial de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, accusé sans apporter de preuves d'avoir soutenu "ostensiblement la candidature" de M.Touadéra, "lui permettant de tout faire pour lui assurer la victoire au premier tour du scrutin du 27 décembre 2020". M. Touadéra a été déclaré réélu mais à l'issue d'un scrutin pour lequel moins d'un électeur inscrit sur deux a eu la possibilité de se rendre dans les bureaux de vote en raison de l'insécurité dans tout le pays en dehors de Bangui, à cause d'une offensive de groupes armés."Les candidats aux différentes élections ont été livrés à la merci des groupes armés (...) les empêchant d'aller battre campagne. Pourtant, Monsieur le représentant spécial n'a eu de cesse de faire l'éloge de la qualité de ce plan et de rassurer le peuple centrafricain (affirmant) que toutes les conditions de sécurité étaient réunies pour la tenue de ces élections", ont indiqué les auteurs du communiqué dans cette lettre adressée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, tout en dénonçant des "élections bâclées". Dans un tweet publié dimanche soir, le porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique Vladmir Monteiro a estimé que Mankeur Ndiaye "reste concentré sur sa mission (...) avec le soutien total et sans réserve aucune de la communauté internationale".Le 4 janvier, l'Autorité nationale des élections (ANE), a déclaré le président Touadéra réélu dès le premier tour avec 53,92% des voix. La Cour constitutionnelle doit se prononcer avant le 19 janvier sur la validité de ces résultats. Pour la COD 2020, la présidente de la Cour "aurait reçu des pressions provenant de votre représentant spécial, qui lui aurait fait comprendre qu'en cas d'annulation des élections ou de la délibération pour un second tour, la communauté internationale ne serait pas en mesure de financer la suite du processus électoral".Dans cette missive, la COD 2020 a également réaffirmé son "attachement aux valeurs démocratiques" et réfuté tout lien avec la coalition des patriotes pour le changement (CPC), une coalition de groupes armés à l'offensive contre le régime du président depuis décembre.