En Afrique du Sud, Buhari qualifie les violences xénophobes de "honte" pour le continent

4 octobre 2019 à 14h20 par AFP

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La vague d'émeutes xénophobes dans plusieurs villes sud-africaines en septembre a fait "honte" au continent tout entier, a déclaré le président nigérian Muhammadu Buhari vendredi, au dernier jour de sa visite d'Etat en Afrique du Sud.

Le mois dernier, des centaines de commerces et de biens appartenant à des étrangers, notamment des Nigérians, ont été saccagés et incendiés, principalement à Johannesburg.Ces troubles ont causé la mort d'au moins 12 personnes, dont une majorité de Sud-Africains, et de vives tensions entre Pretoria et Abuja, les deux principales puissances du continent."Les récentes attaques xénophobes qui ont visé nos compatriotes et d'autres Africains (...) m'ont choqué, ont choqué les Nigérians et choqué l'Afrique. Elles ont fait honte à tout le continent", a déclaré M. Buhari vendredi devant des compatriotes vivant en Afrique du Sud."Notre gouvernement est très perturbé par ces événements malheureux", a-t-il poursuivi, selon ses propos reproduits sur le compte Twitter de la présidence nigériane."Nous avons pris des mesures avec le gouvernement sud-africain pour éviter la répétition de ces problèmes", a-t-il ajouté.Lors d'une conférence de presse jeudi à Pretoria, M. Buhari et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa avaient condamné d'une même voix les attaques xénophobes en Afrique du Sud et les actes de représailles contre les Sud-Africains au Nigeria."Donnons une chance à la paix et prions afin de ne plus vivre cette affreuse violence", a insisté vendredi Muhammadu Buhari devant des Nigérians émigrés en Afrique du Sud.Dans un tweet, il a indiqué avoir invité M. Ramaphosa en visite d'Etat dans son pays afin de "consolider notre volonté commune de renforcer notre relation stratégique".Première puissance industrielle du continent, l'Afrique du Sud accueille des millions de migrants. Elle est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%), la pauvreté et des inégalités criantes.