En Libye, les combattants du front Est prennent une nouvelle ville avant Syrte

Par La rédaction

SOULTANA (Libye) (AFP) - (AFP)

Des dizaines de combattants des nouvelles autorités libyennes déferlent sur Soultana, bravant les roquettes et l'artillerie des pro-Kadhafi qui se retirent de la ville, à une trentaine de kilomètres à l'est de Syrte.

"Relève la tête, tu es un Libyen libre", crient-ils en fêtant leur entrée, après deux jours de violents combats, dans Soultana, la dernière prise des combattants du front Est dans leur marche vers Syrte, fief du "Guide" libyen en fuite Mouammar Kadhafi.

"Ils veulent la guerre, ils vont en avoir une.On va leur botter les fesses", lance Saleh Drissi, en sautant de son pick-up.

Depuis deux jours, les combattants du Conseil national de transition libyen (CNT) ont fait nettement progressé le front Est, longtemps statique, se rapprochant de plus en plus de Syrte, dans la région natale du colonel Kadhafi.

A Soultana désormais déserte, les combattants, majoritairement venus de Benghazi (est) d'où est partie la contestation contre le régime en février, ont rencontré une résistance opiniâtre.

Plusieurs maisons se sont effondrées, les murs présentent des impacts de balles et des cratères rappellent les tirs d'artillerie et de roquettes.Autant de séquelles laissées par deux jours de lourds combats.

Les combattants pro-CNT prennent rapidement position dans les rues, alors que les forces loyales au dirigeant déchu poursuivent leurs bombardements sur la ville aux bâtisses rouges et blanches.

A Soultana, "il n'y a plus aucun soldat, ils ont battu en retraite", dit Moustapha ben Dardaf, à la tête d'un groupe de combattants, alors qu'une roquette vient s'écraser quelques mètres derrière lui.

Certains de ses hommes se jettent au sol, un réflexe acquis après des mois passés sur plusieurs fronts.

Les combats autour de Soultana ne sont pas terminés.Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi continuent de riposter, avec tirs et attaques à la roquette.

"Ils ne se rendront pas facilement.Ils savent que nous allons vers Syrte, cela risque d'être compliqué d'avancer à partir d'ici", explique M. ben Dardaf à un journaliste de l'AFP embarqué avec ses hommes.

Quelques secondes plus tard, sa radio grésille, affirmant qu'un combattant de sa brigade a été blessé à quelques kilomètres de là.Il part le secourir tout en ordonnant à ses hommes de se déployer dans la large bande de désert autour de la ville et de faire le tour de chaque maison.

"Regarde ça!Des vêtements des hommes de Kadhafi!", s'exclame Saleh Drissi, en brandissant un T-shirt et un pantalon vert, la tenue des soldats loyalistes.

Dans la maison qu'il est en train de fouiller, des armoires vides, un réfrigérateur cassé et des matelas déchirés témoignent de la fuite précipitée de ses habitants.Les kadhafistes sont "venus ici et les ont contraint à partir, effrayés", affirme un autre combattant, en traversant la maison.

Deux heures plus tard, M. ben Dardaf revient et annonce, déprimé, que le combattant qu'il était parti secourir est décédé: "il était de notre brigade, il est mort et un autre est blessé", dit-il, alors que le silence se fait parmi les hommes qui se rassemblent peu à peu autour de lui.

"Mais la bonne nouvelle, c'est que nos combattants, de notre brigade et d'autres unités, ont avancé encore de quelques kilomètres.Dans deux ou trois jours, nous serons à Syrte", assure-t-il, en emmenant son équipe dans une mosquée à proximité, pour y passer la nuit.

Une partie des troupes, néanmoins, reste derrière pour garder Soultana: "Nous avons pris cette ville.Nous devons la conserver.Elle appartient désormais à la Libye libre", explique Youssef, un combattant.