En pleine grève, inquiétante disparition d'un médecin syndicaliste au Zimbabwe

15 septembre 2019 à 12h15 par AFP

AFRICA RADIO

Le président du syndicat des médecins hospitaliers (ZHDA) du Zimbabwe a disparu, a rapporté dimanche son organisation, qui accuse les forces de sécurité de l'avoir enlevé pour être à l'origine d'un arrêt de travail qui paralyse le secteur de la santé.

La ZHDA a indiqué qu'elle n'avait plus de nouvelles du Dr Peter Magombeyi depuis une note lapidaire, samedi soir, sur sa messagerie WhatsApp annonçant qu'il avait été "kidnappé par trois hommes"."La ZHDA est choquée et s'inquiète (...) le Dr Magombeyi a été enlevé par trois hommes que nous soupçonnons d'être des agents de la sécurité d'Etat", a-t-elle ajouté, précisant que son dirigeant avait reçu récemment des "menaces anonymes".Sollicité par l'AFP, un porte-parole de la police n'a pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat.Des centaines de médecins du secteur hospitalier du pays ont entamé une grève au début du mois pour exiger que leurs salaires, payés en devise locale, soient calculés en fonction de la valeur du dollar américain pour éviter la chute de leur pouvoir d'achat.Le Zimbabwe est englué depuis près de vingt ans dans une crise économique vertigineuse, héritage du règne de trente-sept ans de l'ex-président Robert Mugabe, décédé la semaine dernière à 95 ans.L'Association des avocats pour les droits de l'Homme (ZHRL) a rappelé dimanche "le droit des médecins à mener des actions collectives (...) pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail" et exigé "la libération sans délai" du Dr Magombeyi.Les ONG dénoncent depuis des mois la répression exercée par le régime du président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé à M. Mugabe fin 2017, contre la société civile, particulièrement depuis les émeutes contre la hausse des prix du carburant en janvier dernier.Plusieurs dizaines de médecins ont défilé dimanche à Harare pour réclamer la remise en liberté de leur collègue."Ceux qui ont enlevé notre confrère ont franchi une limite", s'est indigné l'un d'eux, le Dr Jonathan Fernandes, "ce n'est pas une attaque contre les seuls médecins mais contre le peuple tout entier".