En Tunisie, le pèlerinage juif de la Ghriba s'ouvre sans festivités

Par AFP

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Le pèlerinage juif de la Ghriba, plus ancienne synagogue d'Afrique, s'est ouvert lundi sans les milliers de pèlerins venus habituellement du monde entier, en raison de la pandémie, sur l'île de Djerba, dans le sud de la Tunisie.

Pas de rassemblements, prières individuelles et masque obligatoire. Annulé l'année dernière pour cause de pandémie de Covid-19, il se déroule jusqu'au 2 mai pour la communauté juive de l'île et les quelques fidèles qui ont fait le déplacement de l'étranger."On est très content de pouvoir faire nos prières ici à la Ghriba. Il n'y a pas de festivités cette année mais ça n'a aucune importance, on vient pour la prière. L'année dernière c'était impossible", affirme à l'AFP Elizabeth, une retraitée venue de Paris.Elle est l'une des rares croyantes à visiter le célèbre lieu de culte en ce premier jour du pèlerinage, qui attire d'ordinaire de grandes foules et marque le début de la saison touristique sur l'île."Le pèlerinage de la Ghriba aujourd'hui est un match à huit clos. Il faut jouer le match, il n'y a pas de public, mais ce n'est pas grave", assure René Trabelsi, juif et ancien ministre du Tourisme, présent à Djerba avec une vingtaine de touristes français."Quand on vient, on demande un beau mariage, la réussite aux examens, une bonne santé pour toute la famille. Cette année, on prie pour le monde entier", ajoute M. Trabelsi.La Tunisie a officiellement enregistré 300.342 cas de contamination au coronavirus, dont 10.304 décès, pour près de 12 millions d'habitants.Elle fait face à une augmentation inédite du nombre d'hospitalisations, débordant certaines structures de réanimation. Organisé chaque année au 33e jour de la Pâque juive, le pèlerinage de la Ghriba est au coeur des traditions des Tunisiens de confession juive. Cette communauté ne compte plus que 1.500 membres en Tunisie, majoritairement installés à Djerba, contre 100.000 avant l'indépendance du pays en 1956.Le nombre de pèlerins avait par ailleurs considérablement diminué après l'attentat suicide au camion piégé contre la synagogue en 2002 (21 morts).