Enlèvements de lycéens au Nigeria: des manifestants demandent leur libération

Par AFP

AFRICA RADIO

Des dizaines de manifestants se sont réunis à Kaduna, dans le nord du Nigeria, bloquant l'une des routes principales de la région, pour demander la libération de 39 étudiants kidnappés dans leur pensionnat il y a une dizaine de jours.

Les manifestants - des camarades de classe, ou des familles des victimes- ont dressé une barricade devant un lycée professionnel, dans la périphérie de la capitale de l'Etat, causant de lourdes perturbations de la circulation, a constaté un journaliste de l'AFP. Le 11 mars, des hommes armés avaient attaqué le pensionnat du lycée, pour tenter de mener un nouvel enlèvement de masse d'écoliers contre rançon, qui se multiplient dans le nord et le centre du Nigeria. L'armée était parvenue à secourir dans la foulée près de 180 étudiants et étudiantes. Mais 39 autres, 23 femmes et 16 hommes, restent otages des "bandits", ces groupes criminels qui terrorisent les populations, volent du bétail et pillent les villages. Les manifestants portaient des pancartes avec des inscriptions telles que "Ramenez-nous nos enfants" et "Est-ce un crime d'aller à l'école?".Les mères des élèves enlevés (de 17 ans et plus) brandissaient leurs photographies, et pleuraient, assises sur l'autoroute."Nous vous supplions, Dieu, d'avoir pitié de nous, d'aider à sauver nos enfants, de toucher le coeur de leurs ravisseurs", implorait une mère vêtue de noir, les deux mains levées vers le ciel, en signe de supplication.Kambai Sam, président d'une association de parents d'élèves kidnappés, a vivement critiqué la gestion de cette crise par les autorités. "Nous avons fait confiance au gouvernement et au personnel de l'établissement scolaire pour libérer nos enfants sains et saufs, mais il n'en est rien", a-t-il déclaré. Il s'agit au moins du cinquième enlèvement dans une école au Nigeria ces 3 derniers mois. Plusieurs Etats du Nord et centre du Nigeria ont imposé la fermeture de leurs établissements scolaires pour des raisons de sécurité, faisant craindre une aggravation de la déscolarisation, particulièrement des filles, dans ces régions pauvres et rurales qui comptent déjà le plus fort taux d'enfants n'allant pas à l'école dans le pays.