Eskom était contrôlé par des alliés de Jacob Zuma, selon son patron

Par AFP

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Eskom, le géant public de l'électricité d'Afrique du Sud en butte à de graves difficultés financières, était contrôlé par des dirigeants qui étaient alliés à l'ex-président Jacob Zuma, chassé du pouvoir par une série de scandales, a déclaré le patron de l'entreprise lundi devant une commission d'enquête.

L'entreprise croule sous une dette de 30 milliards de dollars et l'Afrique du Sud a renoué en février, pour la première fois depuis cinq ans, avec les délestages massifs. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière un plan de sauvetage de 1,6 milliard de dollars par an en faveur du géant public dont les difficultés menacent l'économie du pays à moins de trois mois des élections.L'actuel président d'Eskom, qui a pris ses fonctions il y a un an, Jabu Mabuza, a déclaré à la commission d'enquête judiciaire sur la corruption sous l'ère Zuma (2009-2018) que des personnes extérieures à l'entreprise prenaient les décisions et les soumettaient simplement au conseil d'administration pour approbation."Des personnes de l'extérieur décidaient de ce qu'il fallait faire ", a-t-il dit, et lorsque les décisions étaient soumises au conseil, ce dernier "les approuvait et cela devenait une décision d'Eskom". "Eskom était gérée à l'extérieur d'Eskom," a dit M. Mabuza.M. Mabuza a décrit comment divers cadres supérieurs d'Eskom envoyaient des courriels contenant des renseignements confidentiels sur l'entreprise à des associés des frères Gupta, des hommes d'affaires d'origine indienne proches du président Zuma.Les informations étaient transmises pour aider les Gupta à obtenir un avantage déloyal lorsqu'ils soumissionnaient pour des contrats d'Eskom.Des allégations de mauvaise gestion d'entreprises publiques sud-africaines ont été liées à la famille Gupta, accusée d'avoir bénéficié de faveurs du gouvernement sous la présidence de M. Zuma.La corruption présumée sous Jacob Zuma était organisée autour du siphonnage de millions de dollars par le gouvernement et les agences d'État qui accordaient des contrats frauduleux à des entreprises en échange de pots-de-vin.Le président Cyril Ramaphosa, qui a succédé à M. Zuma lorsque celui-ci a été contraint de démissionner il y a un an, a juré d'éradiquer la corruption au sein du gouvernement et du parti au pouvoir, l'ANC, alors que le pays va participer à des élections législatives en mai.