Espagnols enlevés en Mauritanie: perpétuité requise contre quatre accusés

20 juillet 2010 à 14h47 par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP)

Le parquet de Nouakchott a requis mardi la prison à vie avec travaux forcés contre quatre auteurs présumés de l'enlèvement en novembre 2009 de trois Espagnols en Mauritanie, dont deux sont toujours détenus au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a constaté l'AFP.

L'emprisonnement à perpétuité avec travaux forcés et la confiscation de ses biens ont été requis contre le principal accusé, Omar Sid'Ahmed Ould Hamma, dit "Omar le Sarhaoui" qui, selon le parquet, a "directement opéré l'enlèvement des Espagnols" avec deux autres Maliens en fuite.

Le parquet a requis la même peine contre un Algérien, un Sahraoui et un Mauritanien de 75 ans: pour ce dernier qui est apparu très faible devant la cour criminelle de Nouakchott, le procureur a toutefois demandé au juge de tenir compte de circonstances atténuantes liées à son état de santé.

A l'encontre d'une Mauritanienne et d'un Sahraoui placés sous contrôle judiciaire, le parquet a respectivement requis trois ans et deux ans de prison ferme pour "avoir apporté soutien et aide à des auteurs d'actes terroristes".

Les six avaient plaidé non coupables.

Des mandats d'arrêt internationaux ont été lancés contre cinq autres personnes, dont l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar, accusé d'avoir commandité l'enlèvement pour Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Ces accusés devaient en principe être jugés par contumace lors de la session ouverte mardi à la cour criminelle de Nouakchott.

Les trois ressortissants espagnols - deux hommes et une femme de l'ONG Barcelona Accio Solidaria - avaient été enlevés le 29 novembre 2009 sur la route entre Nouadhibou et Nouakchott (Nord).

Début mars, la branche maghrébine d'Al-Qaïda a libéré Alicia Gamez, 39 ans, après trois mois de captivité dans le nord du Mali.

Mais Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans, sont toujours séquestrés, depuis plus de sept mois.

Les ravisseurs réclament le versement de rançons de plusieurs millions de dollars et la libération d'islamistes emprisonnés, notamment en Mauritanie.