Eswatini: deux journalistes sud-africains "détenus" et "torturés" selon leur employeur

Par AFP

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Deux journalistes sud-africains ont été "détenus" et "torturés" par des forces de sécurité en Eswatini, où ils couvraient les manifestations anti monarchie qui secouent le petit royaume depuis quelques semaines, selon un communiqué lundi de leur employeur, le média en ligne sud-africain New Frame.

Magnificent Mndebele et Cebelihle Mbuyisa ont été "agressés" dimanche par des militaires sur une autoroute près de la ville de Matsapha (centre), après avoir couvert les funérailles d'un homme qui aurait été abattu dans la répression des manifestations, a indiqué le média à but non lucratif. Ils "ont été détenus, agressés et torturés par les forces de sécurité", a-t-il affirmé, ajoutant que "des sacs en plastique ont été placés sur leur tête pour les étouffer".Les deux hommes "ont été menacés avec une arme, leurs appareils photo ont été saisis" et ils ont été contraints d'effacer les vidéos et les photographies des funérailles, y compris des interviews de personnes blessées notamment par balles.Après l'intervention d'un représentant légal, ils ont été relâchés et ont pu rentrer chez eux lundi. Dernière monarchie absolue d'Afrique, ce pays pauvre et enclavé de 1,3 million d'habitants est secoué par des heurts entre policiers et manifestants pro-démocratie, qui ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, selon plusieurs sources. L'ONG Amnesty International a décompté au moins 20 personnes tuées par les forces de sécurité, six portées disparues et au moins 150 manifestants hospitalisés avec notamment des blessures par balles. Le gouvernement a jusqu'ici déclaré ne pas avoir reçu de rapport officiel sur ces décès. Le Premier ministre, Themba Masuku, a déclaré lundi que "la situation est stabilisée, car nos forces de sécurité ont assuré le maintien de la paix et de l'ordre dans toutes les régions".Un couvre-feu est toujours en vigueur, l'armée a été déployée et l'accès internet est réduit. Une mission d'enquête de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) s'est rendue dans le royaume dimanche. Les représentants se sont entretenus avec des responsables gouvernementaux, religieux et de la société civile, a précisé l'organisation à l'AFP.