Eswatini: L'ONU "profondément préoccupée" par la violente répression

6 juillet 2021 à 10h15 par AFP

AFRICA RADIO

L'ONU s'est montrée mardi "profondément préoccupée" face à la violente répression des manifestations contre la monarchie en Eswatini, et demande au gouvernement de ce petit pays d'Afrique centrale d'enquêter rapidement à ce sujet.


Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme demande "au gouvernement de veiller à ce que des enquêtes rapides, transparentes, efficaces, indépendantes et impartiales soient menées sur toutes les allégations de violations des droits de humains, y compris celles commises par les forces de l'ordre dans le cadre des manifestations, et que les responsables soient tenus de rendre des comptes", a déclaré une porte-parole, Liz Throssell, à Genève. "L'éruption de la violence au royaume d'Eswatini ces derniers jours est profondément préoccupante, alors que des informations font état de dizaines de personnes tuées ou blessées lors de manifestations réclamant des réformes démocratiques", a-t-elle dit, lors d'un point de presse régulier des agences de l'ONU.Dernière monarchie absolue d'Afrique, ce pays pauvre et enclavé de 1,3 million d'habitants, anciennement appelé Swaziland, est secoué depuis fin mai par des heurts entre policiers et manifestants pro-démocratie, qui ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, selon plusieurs sources."Nous avons reçu des allégations faisant état d'un usage disproportionné et inutile de la force, de harcèlement et d'intimidation par les forces de sécurité lors de la répression des manifestations de la semaine dernière, y compris l'utilisation de balles réelles par la police", a indiqué Liz Throssell."Certains manifestants auraient pillé des locaux, incendié des bâtiments et des véhicules et, dans certaines zones, barricadé des routes", a-t-elle ajouté.Malgré une accalmie, le Haut-Commissariat reste préoccupé "par le risque de nouveaux troubles" et rappelle aux autorités que "les manifestations pacifiques sont protégées par le droit international relatif aux droits humains, notamment par l'article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le royaume d'Eswatini est partie".Par ailleurs, a-t-elle dit, "nous exhortons les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour que l'accès à internet ne soit pas bloqué".La porte-parole a expliqué que les troubles avaient commencé en mai lorsque des étudiants sont descendus dans la rue pour demander des comptes sur la mort d'un étudiant en droit de 25 ans, qui aurait été causée par la police. Ces manifestations se sont ensuite transformées en marches quotidiennes en faveur de la démocratie.L'ONG Amnesty International a décompté au moins 20 personnes tuées par les forces de sécurité, six portées disparues et au moins 150 manifestants hospitalisés avec notamment des blessures par balles. Le gouvernement a jusqu'ici déclaré ne pas avoir reçu de rapport officiel sur ces décès.