Ethiopie: 12 civils tués dans une nouvelle attaque dans l'Ouest

Par AFP

AFRICA RADIO

Douze civils ont été tués cette semaine dans de nouvelles violences dans la région de Benishangul-Gumuz, dans l'Ouest de l'Ethiopie, a-t-on appris mardi de source officielle.

Les meurtres perpétrés dans la zone de Metekel à partir de lundi après-midi ont été déclenchés par une "dispute privée" au sujet d'une arme volée, a indiqué le responsable de la sécurité pour la région, Gashu Dugaz, à la radio-télévision Fana BC, affiliée au pouvoir en place.Cette version est remise en question par Dessalegn Chanie, un homme politique de l'opposition installé dans la région voisine Amhara, qui évoque une "terrifiante" attaque contre les membres de l'ethnie amhara, la deuxième plus nombreuse du pays.M. Dessalegn, un haut responsable du Mouvement National Amhara a ajouté à l'AFP mardi que le nombre de victimes pourrait avoisiner les 40, ce qui n'a pas pu être confirmé de source indépendante.M. Dessalegn et d'autres leaders amhara affirment depuis plusieurs semaines que des milices composées de membres de l'ethnie gumuz ont entamé une campagne visant à faire fuir de la zone de Metekel les habitants issus des ethnies amhara et agew.Le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed n'a pas donné beaucoup d'informations sur les heurts dans cette région, se bornant à indiquer fin septembre que 300 personnes avaient été arrêtées et que les causes de ces violences faisaient l'objet d'une enquête.La Commission éthiopienne des droits de l'Homme avait déjà rapporté la mort, le 25 septembre, de 15 civils, dans cette même zone de Metekel, qualifiant les violences d'"assassinats ciblés".Selon Fana BC, des renforts policiers et d'autres forces de sécurité ont été dépêchés en renfort dans cette région. Ces violences ne sont qu'un nouvel exemple de la manière dont l'ouverture prônée par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019, a libéré des ambitions territoriales locales et d'anciens différends intercommunautaires, qui ont débouché sur des violences meurtrières dans de nombreuses régions du pays.