Ethiopie: des combats se sont déroulés dans un camp de réfugiés au Tigré (sources humanitaires)

13 juillet 2021 à 10h31 par AFP

AFRICA RADIO

Des combats ont opposé mardi des forces rebelles tigréennes à des soldats de l'armée éthiopienne et de la région Amhara dans un camp de réfugiés de Mai Aini, situé dans la région en guerre du Tigré, ont indiqué à l'AFP des sources humanitaires.


"Il y a eu des combats à l'intérieur du camp", a déclaré une de ces sources, citant des témoins sur place et précisant que les affrontements ont éclaté vers 04H00 et s'étaient calmés à la mi-journée.L'armée éthiopienne mène une opération militaire dans cette région de l'extrême nord depuis huit mois, appuyée notamment par les forces de la région voisine de l'Amhara, contre les troupes loyales aux anciennes autorités régionales.Lundi, ces forces rebelles ont lancé selon leur porte-parole une offensive vers les zones sud et ouest du Tigré, contrôlées par les forces amhara.De nombreux réfugiés ont déclaré aux sources humanitaires contactées par l'AFP que des étuis de munitions avaient atterri sur les toits de leurs abris.Des réfugiés de Mai Aini et du camp voisin d'Adi Harush ont commencé à fuir à pied vers le sud, en direction de l'Amhara, qui borde le Tigré, ont également indiqué ces sources.Aucun bilan n'était disponible et ces informations n'ont pu être recoupées, les réseaux de communication étant largement coupés dans la région. Un porte-parole militaire n'a pas répondu à une demande de commentaire de l'AFP. Les camps de Mai Aini et de Adi Harush abritent des Erythréens ayant fui le régime au pouvoir dans leur pays, frontalier du Tigré. Quatre camps de ce type se trouvaient au Tigré avant le début de la guerre, mais deux d'entre eux ont été détruits durant le conflit. Mai Aini et Adi Harush sont gérés par l'agence éthiopienne pour les réfugiés (ARRA), avec le soutien de l'ONU et d'ONG. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire au Tigré pour désarmer et capturer les autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le gouvernement avait proclamé la victoire le 28 novembre, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais les combats se sont poursuivis. Le 28 juin, les forces pro-TPLF ont repris Mekele, ainsi qu'une majorité du territoire tigréen les jours suivants. Dans la foulée, Addis Abeba a déclaré un cessez-le-feu unilatéral.