Ethiopie: des rebelles en désaccord avec le gouvernement sur leur désarmement

21 décembre 2018 à 15h00 par AFP

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Le Front de libération oromo (OLF), un groupe rebelle a bénéficié de la politique réformatrice du nouveau gouvernement éthiopien, a accusé vendredi ce dernier d'avoir violé un accord de paix, sur fond de désaccord sur le désarmement de ses combattants.

L'OLF avait été retiré en juillet de la liste des organisations considérées par Addis Abeba comme "terroristes", et ses dirigeants en exil avait reçu un accueil triomphal de la part de dizaines de milliers de personnes à Addis Abeba lors de leur retour en Ethiopie, en septembre.Un accord avait par ailleurs été conclu dans la capitale érythréenne Asmara en août entre l'OLF et le gouvernement, en vue de la participation pacifique de l'OLF à la vie politique du pays. Mais ces derniers s'écharpent depuis sur les modalités du désarmement de ce groupe rebelle, une des dispositions de cet accord.Le gouvernement réclame le désarmement immédiat des combattants de l'OLF, et assure que ces derniers se sont livrés dernièrement à des actes criminels. L'OLF exige l'intégration de ses combattants aux forces armées éthiopiennes comme prérequis à leur désarmement, et nie toute implication de ses forces dans les crimes allégués.S'adressant à la presse à Addis Abeba, le président de l'OLF, Dawud Ibsa, a assuré qu'"aucun des points (de l'accord, ndlr) n'a été respecté"."Certains de nos combattants qui ont déjà été désarmés, démobilisés et sont dans des camps de réhabilitation n'ont pas été correctement traités, et on nous empêche de voir nos combattants", a ajouté celui qui a soutenu récemment que l'OLF dispose de quelque 2.000 combattants dans le sud et l'ouest du pays."Nos forces n'attaqueront pas, mais ils se réservent le droit de se défendre", a-t-il conclu. "Le stationnement de soldats éthiopiens dans nos zones d'opération a mené à des conflits entre des soldats et nos combattants".Populaire parmi la jeunesse oromo, la première ethnie du pays, l'OLF avait fait scission du parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) en 1992 et avait lancé une lutte armée contre lui.La lutte contre les rebelles de l'OLF par la coalition au pouvoir en Ethiopie avait provoqué un vif ressentiment au sein de la population oromo, qui avait lancé en 2015 une vague de manifestations anti-gouvernementales sans précédent depuis 25 ans. Ces dernières avaient mené à la démission du prédécesseur de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed.Depuis sa nomination en avril, M. Abiy a multiplié les réformes majeures, libérant des milliers de dissidents et de journalistes, faisant la paix avec le voisin ennemi, l'Érythrée, et annonçant la privatisation de grandes compagnies publiques.Mais la multiplication des affrontements à caractère ethnique dans la capitale et des régions plus reculées a terni son action et fait craindre que le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique ne sombre dans la violence.