Ethiopie: le chef de l'ONU demande "l'ouverture de couloirs humanitaires"

20 novembre 2020 à 20h23 par AFP

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé vendredi "l'ouverture de couloirs humanitaires" pour venir en aide à la population prise au piège des combats dans la région éthiopienne du Tigré, regrettant que les autorités refusent toute médiation.

"Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation en Ethiopie" et "l'impact humanitaire dramatique" qui en découle, y compris au Soudan, a-t-il dit à des médias à New York."Nous faisons tout ce que nous pouvons pour mobiliser un soutien humanitaire aux réfugiés qui sont déjà au Soudan", a poursuivi Antonio Guterres."Nous avons demandé un plein respect du droit international, l'ouverture de couloirs humanitaires et les trêves qui pourraient être nécessaires pour que l'aide humanitaire soit acheminée dans les zones de conflit", a-t-il ajouté, sans autre précision sur leur localisation.Actuellement "c'est un trou noir" cette région du Tigré en Ethiopie où se déroulent les combats, a précisé un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat. Il faut pouvoir atteindre les populations qui sont dans les grands centres, a-t-il précisé."Je souhaite que cela finisse rapidement et que l'Ethiopie soit en mesure de trouver la paix dont ce pays a besoin pour son développement et le bien-être de ses habitants", a aussi dit le secrétaire général.Malheureusement, "jusqu'à présent, il n'y a aucun accord des autorités éthiopiennes pour une médiation externe", a-t-il déploré, en indiquant avoir multiplié les appels ces dernières semaines à des dirigeants en Afrique et dans le monde."J'ai parlé avec le patron de l'Igad, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Workneh Gebeyehu), avec le Premier ministre du Soudan (Abdallah Hamdok), le président de l'Afrique du Sud (Cyril Ramaphosa), le président de la Commission de l'Union africaine (Moussa Faki Mahamat), et bien sûr avec le Premier ministre éthiopien (Abiy Ahmed) et la présidente éthiopienne (Sahle-Work Zewde) ainsi que d'autres acteurs", a précisé Antonio Guterres.L'absence d'accord des autorités éthiopiennes pour une médiation "est probablement la raison pour laquelle ce sujet n'a pas encore été discuté au Conseil de sécurité de l'ONU et qu'aucune initiative n'en est sortie", a-t-il ajouté. "Nous sommes entièrement à la disposition de l'Union africaine", présidée par l'Afrique du Sud, "pour soutenir toute initiative" de cette organisation, a-t-il conclu.