Ethiopie: le chef du gouvernement intérimaire du Tigré remplacé

Par AFP

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L'Ethiopie a annoncé mercredi avoir remplacé le chef du gouvernement intérimaire de la région septentrionale du Tigré, théâtre d'un conflit depuis novembre, après examen de ses performances.

Mulu Nega avait été nommé par le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed en novembre, une dizaine de jours après l'envoi dans la région de l'armée fédérale pour y arrêter et désarmer les dirigeants locaux, issus du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF).M. Abiy, Premier ministre depuis 2018, accusait le TPLF, qui a durant près de 30 ans détenu les leviers du pouvoir à Addis Abeba, de contester son autorité et les forces régionales d'avoir attaqué des bases de l'armée fédérale au Tigré.Mulu Nega est remplacé par Abraham Belay, ministre de l'Innovation et des Technologies dans le gouvernement fédéral, a indiqué Billene Seyoum, porte-parole de M. Abiy."Cette nomination est la conséquence d'un examen des performances de cette fonction au bout de six mois", a-t-elle expliqué à l'AFP.M. Abraham appartient au Parti de la Prospérité, fondé en 2019 par M. Abiy et dans lequel il a fusionné la coalition de partis régionaux jusque là au pouvoir en Ethiopie.Ni M. Mulu ni M. Abraham n'avaient répondu aux sollicitations de l'AFP mercredi soir.M. Abiy a proclamé fin novembre la victoire après la prise de Mekele, capitale du Tigré, par l'armée fédérale. Mais les dirigeants du TPLF sont toujours en fuite, refusent de déposer les armes et des combats sont toujours signalés au Tigré.Dans un entretien à l'AFP en février, il avait admis que les habitants de Mekele avaient des "sentiments partagés" au sujet du gouvernement intérimaire.Ils veulent qu'un gouvernement prenne en charge les activités de la région", avait-il expliqué. "D'un autre côté, comme nous ne sommes pas élus, ils ont aussi des doutes. C'est naturel.En raison du conflit en cours, les élections législatives et régionales prévues le 5 juin en Ethiopie, ont été reportées sine die au Tigré.Au cours du weekend, le Conseil des ministres a classé le TPLF comme organisation terroriste, amenuisant les espoirs de négociations de paix auxquels appellent de nombreux Etats.