Ethiopie: le PM accuse des soldats d'avoir voulu "faire échouer les réformes"

18 octobre 2018 à 14h40 par AFP

AFRICA RADIO

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré jeudi que les soldats d'élite qui avaient fait irruption dans son bureau la semaine dernière avaient l'intention de "faire échouer" le processus de réformes en cours, a rapporté une télévision affiliée au pouvoir.

Dans un premier temps, le gouvernement avait assuré que ces dizaines de soldats d'élite s'étaient rendus le 11 octobre au palais abritant les bureaux du Premier ministre, à Addis Abeba, pour réclamer une augmentation de leur solde.Mais jeudi, devant le Parlement, M. Abiy a donné une toute autre version de l'incident qui avait conduit les autorités à couper l'internet pendant plusieurs heures."Ils étaient venus au palais national pour faire échouer les réformes dans le pays. Mais il est difficile de dire qu'ils étaient tous venus avec cette idée en tête. Ils avaient été convaincus (d'agir ainsi) par des comploteurs", a déclaré M. Abiy, selon des propos rapportés Fana BC."Si le gouvernement n'avait pas géré la situation avec précaution, cela aurait pu plonger le pays dans le chaos", a ajouté le Premier ministre, âgé de 42 ans.Peu après l'irruption des soldats, une vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux montrant M. Abiy, affublé d'un béret rouge, faisant des pompes au milieu de soldats pour la plupart souriants. Selon Fana BC, M. Abiy s'était prêté à l'exercice pour faire tomber la tension au sein des militaires.Plus tard, les soldats avaient présenté leurs excuses et "des officiers ainsi que des individus", qui selon Fana les avaient encouragés, avaient été arrêtés, avait rapporté Fana la semaine dernière, sans préciser leur nombre.Depuis sa nomination en avril, M. Abiy a multiplié les réformes majeures, libérant des milliers de dissidents et de journalistes, faisant la paix avec le voisin érythréen et annonçant la privatisation partielle de grandes entreprises publiques.Ces réformes constituent un changement radical par rapport à la politique menée par la coalition au pouvoir depuis 1991 et dont M. Abiy est issu. Plusieurs hauts responsables politiques ont exprimé publiquement leurs réticences face aux nouvelles mesures.M. Abiy avait été investi à la suite de la démission en février de son prédécesseur Hailemariam Desalegn, emporté par un vaste mouvement de manifestations antigouvernementales au sein notamment des deux principales communautés du pays, les oromo et les amhara.