Ethiopie: "niveaux d'urgence" alimentaire dans deux régions limitrophes du Tigré

9 août 2021 à 16h57 par AFP

AFRICA RADIO

Des centaines de milliers de civils sont confrontés à des "niveaux d'urgence" alimentaire dans les régions éthiopiennes de l'Afar et de l'Amhara, limitrophes du Tigré et désormais touchées par les combats entre rebelles tigréens et forces pro-gouvernementales, a annoncé lundi l'ONU.


Les combats dans le nord de l'Ethiopie ont débuté en novembre dernier après l'envoi par le Premier ministre Abiy Ahmed de l'armée fédérale au Tigré pour destituer les autorités régionales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).Selon le prix Nobel de la Paix 2019, cette opération répondait à des attaques contre des camps de l'armée fédérale ordonnées par le TPLF. M. Abiy a proclamé la victoire fin novembre après la prise de la capitale régionale Mekele.Mais le 28 juin, les forces rebelles pro-TPLF ont repris Mekele, puis une grande partie du Tigré les jours suivants.Après un cessez-le-feu décrété par Abiy Ahmed et le retrait des soldats éthiopiens, les forces tigréennes ont poursuivi leur offensive vers les régions voisines de l'Amhara, au sud, et de l'Afar, à l'est.Les civils de ces régions "s'enfoncent dans la faim en raison du conflit", a déclaré lundi Michael Dunford, directeur de l'intervention du Programme alimentaire mondial (PAM) au Tigré, dans un communiqué affirmant que 300.000 personnes y étaient confrontées à des "niveaux d'urgence" alimentaire.L'ONU a précédemment estimé qu'au Tigré, environ 400.000 personnes vivent dans des conditions de famine.Lundi, Gizachew Muluneh, un porte-parole du gouvernement régional de l'Amhara, a déclaré que "de très violents combats" se déroulaient dans la ville de Woldiya, un carrefour routier stratégique reliant le Tigré au nord, la capitale éthiopienne Addis Abeba au sud, Djibouti vers l'est et la capitale amhara Bahir Dar, à l'ouest. Les combattants du TPLF ont déployé des armes lourdes dans des zones civiles, a affirmé Gizachew, indiquant que "le nombre de victimes fait l'objet d'investigations". Selon lui, des civils ont été tués et des maisons détruites.Le TPLF nie avoir causé des pertes civiles et affirme vouloir seulement sécuriser les routes dans le nord de l'Amhara afin d'empêcher les forces gouvernementales de se regrouper.Par ailleurs, la cheffe de l'agence des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) Henrietta Fore s'est dite lundi "extrêmement alarmée par le meurtre signalé de plus de 200 personnes, dont plus de 100 enfants, lors d'attaques contre des familles déplacées" dans l'Afar jeudi dernier."Des approvisionnements alimentaires essentiels auraient également été détruits", ajoute-t-elle dans un communiqué qui ne donne toutefois aucune indication sur les lieux de ces attaques et l'identité des assaillants.Aucun porte-parole de l'ONG n'a immédiatement répondu aux sollicitations de l'AFP.Un compte Twitter du gouvernement éthiopien a relayé le communiqué, affirmant que les victimes avaient été "tuées par le groupe terroriste TPLF".Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a nié lundi soir sur Twitter toute responsabilité, promettant de "travailler avec les organes compétents" sur une éventuelle enquête.