Ethiopie: un travailleur humanitaire tué au Tigré

Par AFP

AFRICA RADIO

Un travailleur humanitaire éthiopien est décédé après avoir été touché par une balle perdue au Tigré, région du nord de l'Ethiopie en proie aux combats depuis plus de six mois, a déclaré lundi l'ONG italienne qui l'employait.

Il s'agit du neuvième décès d'un humanitaire depuis le début de ce conflit en novembre.Negasi Kidane, qui était basé dans la ville tigréenne d'Adigrat, était un employé de longue date du Comité international pour le développement des peuples, connu sous son acronyme italien CISP."Je peux confirmer que notre collègue éthiopien Negasi Kidane, chef du bureau du CISP à Adigrat, a perdu la vie samedi dernier. Il a été accidentellement impliqué dans une fusillade vendredi soir et est décédé samedi matin à l'hôpital", a déclaré à l'AFP Sandro De Luca, le directeur et représentant légal du groupe, contacté par email. Il a ajouté que Negasi avait été "touché par une balle perdue".Le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes au Tigré en novembre dernier pour arrêter et désarmer les dirigeants du parti au pouvoir régional, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Il a affirmé que cette décision venait en réponse à des attaques du TPLF contre des bases de l'armée fédérale. Il avait annoncé une opération militaire brève mais près de sept mois plus tard, les combats se poursuivent, les rapports documentant des exactions contre les populations se multiplient et la communauté internationale met en garde contre une catastrophe humanitaire dans la région. La semaine dernière, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a indiqué dans un exposé devant le Conseil de sécurité qu'un total de huit travailleurs humanitaires ont été tués au Tigré.Parmi ces victimes figure un "partenaire" de l'Agence américaine pour le développement international (USAID).Dans une déclaration la semaine dernière, l'administratrice de l'USAID, Samantha Power, a déclaré que ce meurtre avait été "apparemment commis par des soldats érythréens et éthiopiens" et qu'il "était clairement intentionnel et s'inscrivait dans une augmentation troublante des actes de harcèlement et de violence contre les travailleurs humanitaires".Le CISP n'a pas précisé qui a pu être responsable de la mort de Negasi.rcb/np/sva/sba