Exactions en RDCongo: l'UE appelle Kinshasa à agir pour protéger les civils

22 septembre 2010 à 13h37 par La rédaction

STRASBOURG (Parlement européen) (AFP)

L'Union européenne a appelé mercredi les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à "redoubler leurs efforts" pour protéger les populations civiles des exactions et à mettre fin à l'"impunité" pour ceux qui commettent des viols en série.

"L'Union européenne s'inquiète de la situation des droits de l'homme en République du Congo", a déclaré devant le Parlement européen le secrétaire d'Etat belge aux Affaires européennes Olivier Chastel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE.

"La question des violences sexuelles revêt une dimension particulièrement alarmante", a-t-il ajouté.Kinshasa doit faire des "droits et de la sécurité des personnes" la "priorité principale dans les efforts de reconstruction et de consolidation de l'Etat de droit", selon M. Chastel.

Les centaines de viols commis dans la province du Kivu doivent "absolument amener les autorités à redoubler leurs efforts afin de mieux protéger les populations civiles" et "neutraliser les éléments nuisibles qui terrorisent la province", a-t-il insisté.

Evoquant le "drame de l'impunité", le secrétaire d'Etat a observé: "Ce ne sont pas seulement les rebelles qui commettent des crimes.Du côté des forces de l'ordre, on a pu constater des comportements tout aussi condamnables".

Toutefois, "comment envisager que l'Etat congolais puisse reprendre le contrôle de son territoire sans armée, ni forces de police ni appareil judiciaire bien formé, bien encadré, bien payé?" s'est demandé le responsable belge.

La RDC doit "assumer ses responsabilités, et cela à tous les niveaux, mais "il faut que le communauté internationale en fasse autant", selon M. Chastel, qui a évoqué l'enquête lancée par les Nations unies pour comprendre les raison de l'inaction de la Monusco, la mission onusienne sur place, face à ces viols.

Plusieurs centaines, sans doute plus de 500, femmes et enfants ont été violés au cours des violences en RDC fin juillet et en août.Ces violences sont attribués par l'ONU à des rebelles hutus rwandais des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR) et à des milices des Maï-Maï et les FDLR.