Explosion au Congo: 2.300 blessés et près de 14.000 sans-abri, obsèques dimanche

Par La rédaction

BRAZZAVILLE (AFP) - (AFP)

L'explosion d'un dépôt de munitions le 4 mars à Brazzaville a fait plus de 2.300 blessés et près de 14.000 sans-abri, le nombre de tués restant inchangé à près de 200 victimes, dont les obsèques se dérouleront dimanche, selon un nouveau bilan jeudi du gouvernement congolais.

Lors d'une séance de questions d'actualité au Parlement, le ministre du Plan et président de la Commission d'évaluation du sinistre, Pierre Moussa, a donné le chiffre de 13.854 sans-abri.

Les hôpitaux ont reçu 2.315 blessés, dont 297 sont encore soignés, a-t-il précisé.Le nombre de personnes tuées dans l'accident est toujours évalué à près de 200, a indiqué de son côté le porte-parole du gouvernement Bienvenu Okiemy.

Un précédant bilan faisait état de plus de 1.300 blessés et 5.000 sans abri.

Il s'agit du plus meurtrier accident de ce type, dans des dépôts d'armes et de munitions, depuis 10 ans dans le monde.

Le bilan pourrait s'alourdir encore, d'autres corps se trouvant vraisemblablement à proximité immédiate du dépôt, où la Croix-Rouge n'a pu se rendre jusque-là.

Les obsèques des victimes se dérouleront dimanche à Brazzaville, après une cérémonie d'hommage en présence du président congolais Denis Sassou Nguesso, a annoncé M. Okiemy.Le deuil national décrété depuis mardi prendra fin dimanche.

Le ministre du Plan a détaillé jeudi l'étendue des destructions autour du dépôt de munitions.

"L'épicentre du sinistre est composé de trois périmètres: le premier périmètre qui comprend le camp des blindés (où se trouvait le dépôt) a été détruit à 98%.Seuls les bâtiments en construction par une entreprise chinoise ont résisté", a-t-il indiqué.

"Le deuxième périmètre a été détruit à 90% et dans le troisième les dégradations sont aussi significatives"", a-t-il ajouté sans préciser l'étendue des périmètres.

Il n'a pas donné d'information sur les opérations de déminage du site, ni sur les cause de l'accident, dû à un court-circuit qui aurait provoqué un incendie, selon les déclarations du gouvernement peu après le drame.

"Il faut laisser l'enquête se poursuivre.Au moment opportun le gouvernement publiera les résultats et en tirera toutes les conséquences", a simplement dit M. Moussa.

Le dispositif militaire autour du site du dépôt de munitions a été élargi jeudi.Les militaires interdisent désormais aux habitants d'entrer dans des secteurs auparavant accessibles.Dans les zones accessibles, les sinistrés continuent à chercher leurs biens dans les décombres.

L'aide internationale (équipes médicales, médicaments...) venue de nombreux pays continue d'arriver, notamment pour soulager les hôpitaux sous équipés et saturés par l'afflux de blessés.

L'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) a critiqué mercredi la gestion de la crise par les autorités "à tous les niveaux", déplorant notamment l'insuffisance des mesures d'accompagnement des sinistrés dans les sites d'accueil, et demandé une "enquête internationale".

A la demande des autorités, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés va apporter son appui pour gérer les sites accueillant les sans-abris, notamment deux églises, un marché couvert et des stades de la ville, a-t-on appris auprès du HCR.

Le ministre du Plan a annoncé que chaque famille de victimes allait bénéficier d'une "allocation de subsistance" de 3 millions de Fcfa (5.000 euros), en attendant que "les modalités d'indemnisation soient déterminées".

Lors de la séance au Parlement le député d'opposition Patrice Kadia, a mis en cause le pouvoir en place : "la conservation du pouvoir coûte très chère au Congo, a-t-il dit on n'a pas vu la richesse dans les médicaments pour soigner les blessés, mais seulement dans les armes qui sont gardées dans les quartiers populaires comme des semences".