Extradition de Hissène Habré: le Sénégal risque de perdre 50 millions de dollars d'aide américaine

Par La rédaction

DAKAR (AFP) - (AFP)

Le Sénégal risque de perdre 50 millions de dollars d'aide des Etats-Unis en raison de son "incapacité à juger ou extrader" l'ex-chef d'Etat tchadien, Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l'humanité et réfugié à Dakar, a affirmé mercredi une ONG ouest-africaine.

"Plus de 25 milliards de francs CFA (50 millions de dollars) d'aide américaine du Sénégal risquent d'être totalement compromis par l'incapacité du Sénégal à juger ou extrader Hissène Habré conformément à ses obligations internationales", affirme cette ONG basée à Dakar, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), dans un communiqué transmis à l'AFP.

Selon l'ONG, le Congrès américain avait décidé en décembre d'octroyer cette aide au Sénégal, mais des congressistes "sont préoccupés par le fait" que M. Habré "n'a toujours pas été extradé pour être jugé pour crimes contre l'humanité".

Ils ont demandé à la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, "de soumettre avant le 6 février un rapport" au Congrès "sur les dispositions prises par le gouvernement sénégalais en faveur de la traduction de Hissène Habré en justice", selon la même source.

La Raddho "regrette qu'une aide aussi utile pour le Sénégal soit compromise à cause du manque de volonté des autorités sénégalaises de faire avancer le dossier Habré".

Elle demande à Dakar de "respecter ses obligations internationales en extradant Hissène Habré en Belgique dans les meilleurs délais".

Le président Wade a récemment déclaré que, "très probablement, Hissène Habré va être envoyé en Belgique.J'ai saisi la cour d'appel de Dakar d'une demande de la Belgique (...).Si la cour d'appel le décide, il sera extradé en Belgique".

M. Habré, qui vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir, est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture.Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'Union africaine (UA), n'a jamais organisé le procès.