Faux médicaments: appel à une "prompte réaction" en Afrique

Par La rédaction

OUAGADOUGOU (AFP) - (AFP)

Le président burkinabè Blaise Compaoré a appelé mardi à Ouagadougou à une "prompte réaction" à la prolifération des faux médicaments en Afrique, "obstacle" à la promotion de la santé, lors d'une conférence ouest-africaine consacrée à ce fléau.

"La circulation et l'utilisation croissante des faux médicaments ainsi que ceux de faible qualité représentent un fléau qui nous interpelle tous sur l'urgence d'une prompte réaction afin de préserver la qualité des soins", a déclaré M. Compaoré dans un discours lu par son ministre de la Santé, Adama Traoré.

"La criminalité organisée autour du trafic de faux médicaments fragilise de plus en plus l'Etat de droit, la bonne gouvernance, la protection de l'environnement et les droits humains", a-t-il dit.

"La prolifération des produits médicaux contrefaits (...) en Afrique constitue un obstacle à la promotion de la santé des populations", a-t-il encore souligné.

Deux ans après l'"appel de Cotonou" qui avait engagé une mobilisation internationale, la conférence, prévue mardi et mercredi, est destinée à déterminer des "actions conjointes" de lutte sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Fondation Jacques Chirac et la France.

La France s'est engagée à prendre une part "active" afin d'accélérer la mise en oeuvre d'un plan de lutte contre les faux médicaments, a indiqué son ministre délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, dans un message vidéo.

Paris milite à l'OMS pour la reconnaissance du terme "médicament falsifié" ainsi que pour un meilleur accès des Africains aux médicaments à "faible coût", a-t-il expliqué.

De "22 à 85%" des habitants de la zone Uémoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), selon les pays, sont exposés aux faux médicaments, d'après des chiffres diffusés durant la conférence.

Au Burkina, les faux médicaments représentent jusqu'à 12% du marché pharmaceutique, a relevé le ministre burkinabè.