Ferroviaire: la Tanzanie passe un contrat d'un milliard d'euros avec la Chine

Par AFP

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La Tanzanie a signé vendredi un contrat d'1,3 milliard de dollars (1 milliard d'euros) avec deux entreprises chinoises pour construire une ligne ferroviaire entre son principal port et les pays voisins.

Le président tanzanien John Magufuli et le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi ont signé ensemble ce contrat devant la télévision d'Etat de ce pays d'Afrique de l'Est.L'accord prévoit la construction d'un nouveau tronçon d'une immense ligne ferroviaire de 2.561 kilomètres, qui doit à terme relier la capitale économique Dar es Salaam, sur l'océan Indien, aux pays voisins, Burundi, République Démocratique du Congo, Rwanda et Ouganda, en passant par la ville de Mwanza, située sur le lac Victoria.Les sociétés chinoises, China Civil Engineering Construction Corporation et China Railway Construction Limited, devront construire 341 kilomètres de rails entre Mwanza et Isaka, au nord-ouest de la Tanzanie, a précisé le ministre des Transports tanzanien Leonard Chamuhiro. Le contrat est une "preuve de l'amitié entre la Tanzanie et la Chine", a-t-il ajouté, en invitant les deux entreprises chinoises à présenter leurs offres pour les deux dernières phases du projet. Le ministre a également invité la Chine à aider le gouvernement tanzanien à financer ce projet. Les 700 premiers kilomètres de cette ligne, au départ de Dar es Salaam, sont actuellement construits par l'entreprise turque Yapi Merkezi.En visite officielle pour deux jours, M. Wang a expliqué que les liens entre la Tanzanie et la Chine se renforcent.Les entreprises chinoises ont construit plusieurs infrastructures majeures en Tanzanie, regroupant des projets évalués à environ 10 milliards de dollars."La Tanzanie a raison de développer de grands projets, car se développer est impossible sans avoir de bonnes infrastructures", a déclaré M. Wang.Après la signature de ce contrat, le président Magufuli a expliqué avoir demandé son soutien à la Chine pour financer la construction d'une centrale électrique hydraulique controversée dans la réserve naturelle de Selous, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité."J'ai également demandé à la Chine d'annuler certaines dettes", a ajouté le président tanzanien.La Chine est l'investisseur le plus important en Afrique et a injecté environ 148 milliards de dollars dans la construction de lignes ferroviaires, de ports et d'aéroports, en échange d'un accès à certaines ressources du continent comme le pétrole, le cuivre et le cobalt, selon les statistiques de l'université américaine John Hopkins.Ces projets sont financés par des prêts géants accordés par la Chine, mais Pékin est critiqué pour accorder ces crédits trop facilement aux pays pauvres, sans examiner attentivement leur capacité de remboursement.