France: des migrants érythréens dénoncent des violences répétées de la part de la police

17 novembre 2020 à 15h45 par AFP

AFRICA RADIO

Des migrants érythréens vivant dans un campement de fortune à Calais, dans le nord de la France, ont dénoncé mardi des violences policières répétées à leur encontre, des accusations sur lesquelles les autorités locales ont ordonné un rapport.

"La communauté érythréenne du lieu-dit BMX" - un des lieux de campement migrant à Calais, a rédigé une lettre ouverte qui a été transmise aux médias par l'ONG Human Rights Observers."Les CRS (corps spécialisé de la police française, ndlr) font de nos vies un enfer", ont-ils écrit.Les migrants accusent les CRS d'avoir grièvement blessé au visage l'un des leurs par un tir de LBD (balles de défense, ndlr), de les frapper, d'accélérer avec leurs fourgons comme pour les écraser ou de les "gazer" quand ils les voient au bord des routes, "juste pour s'amuser", ou même pendant leur sommeil...L'organisation Human Rights Observers a précisé qu'une saisine de la Défenseure des Droits est "en cours". Interrogée par l'AFP sur ces accusations, la préfecture du Pas-de-Calais (nord de la France), qui les juge "graves", a indiqué que le préfet avait "sollicité, comme à chaque mise en cause, le directeur départemental de la sécurité publique en lui demandant un rapport très précis sur les faits allégués".La préfecture rappelle que "l'action des forces de sécurité répond à des règles de déontologie strictes qui sont régulièrement rappelées par la hiérarchie" et que "chaque utilisation de moyen lacrymogène fait l'objet d'un compte rendu circonstancié".Concernant en particulier la journée du 11 novembre, au cours de laquelle un migrant aurait été blessé par un tir de LBD, la préfecture a assuré que les CRS encadraient une intervention des pompiers portant assistance à un migrant blessé au cours d'une rixe quand ils ont été caillassés.Les forces de l'ordre ont eu recours aux grenades lacrymogènes et effectué cinq tirs de LBD, selon la préfecture, qui fait état de quatre policiers blessés.Un seul migrant a été blessé dans ces événements, selon la même source. Interpellé, il a été condamné à sept mois de prison avec sursis.Aux côtés des Éthiopiens et Soudanais, les Erythréens figurent parmi les migrants qui restent le plus longtemps à Calais, souvent faute d'argent pour payer un passeur vers l'Angleterre.