France: François Compaoré fixé mercredi sur son extradition vers le Burkina Faso

5 décembre 2018 à 10h52 par AFP

AFRICA RADIO

Plus d'un an après son arrestation à Paris, François Compaoré saura ce mercredi si la justice française accepte de l'extrader vers le Burkina Faso, où ce frère de l'ex-président burkinabè déchu Blaise Compaoré est mis en cause dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

Alors qu'il enquêtait à l'époque sur la mort de David Ouédraogo - chauffeur de François Compaoré -, Norbert Zongo et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 à Sapouy (sud du Burkina Faso).Âgé de 64 ans, François Compaoré, aujourd'hui sous contrôle judiciaire en France, a été arrêté dans un aéroport parisien en octobre 2017 sur la base d'un mandat d'arrêt émis le 5 mai 2017 par les autorités de Ouagadougou. A ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays dans cette affaire.Le 15 décembre 2015, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré, ont été inculpés dans l'enquête sur la mort de M. Zongo et de ses compagnons.A Paris, le parquet général s'est déclaré favorable à l'extradition de François Compaoré. Une procédure contestée par ses avocats qui en dénoncent le caractère irrégulier et "exclusivement politique". A l'appui de leur défense, ils soulèvent l'imprécision du mandat d'arrêt, le non-respect de la condition de double incrimination - l'infraction poursuivie au Burkina Faso d'"incitation à assassinat" n'existe pas en France - et le risque de voir la peine perpétuelle s'appliquer à M. Compaoré.Initialement prévue en juin, la décision sur l'extradition avait dû être reportée dans l'attente de la transmission de nouvelles pièces. La cour avait réclamé au Burkina Faso des "éléments matériels précis".Dans ce contexte, les avocats ont demandé à la cour d'écarter ces nouvelles pièces, affirmant que le magistrat instructeur de Ouagadougou avait rajouté des éléments à charge dans un témoignage oculaire ancien pour tenter de démontrer l'implication de M. Compaoré dans les assassinats. Ils ont déposé en octobre une plainte à Paris pour "faux et usage de faux criminel" en visant ce magistrat, doyen des juges d'instruction de Ouagadougou.Classé en 2003, après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, le dossier Zongo a été rouvert à la faveur de la chute de Blaise Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. François Compaoré s'est enfui du Burkina lors de cette insurrection populaire. Il s'était alors réfugié en Côte d'Ivoire et avait obtenu la nationalité ivoirienne.